Huawei et BCG: sur fond de destruction de Sonatrach

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Sonatrach, qui a toujours préservé ses informations et surtout ses data, a décidé de confier la réalisation de son système d’information à une entreprise chinoise, en l’occurrence Huawei, réputée être numéro un mondial de l’espionnage électronique.

Ce sont les américains, à leur tête le président Trump et les anglais, à travers le patron du fameux MI6, qui dénoncent ouvertement les activités d’espionnage de la  société chinoise Huawei. Mieux encore, le 1er décembre dernier, le président américain avait ordonné l’arrestation pure et simple, au Canada, de la directrice financière de Huawai. Elle était réclamée par la justice américaine qui soupçonne Huawei d’avoir exporté des produits venant des États-Unis vers l’Iran, en violation de l’embargo.

Les États-Unis accusent Huawei de faciliter l’espionnage à grande échelle des télécommunications et des mails par les services de renseignement chinois. Du fait de ces accusations, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon ont déjà annoncé qu’ils ne se fourniront plus auprès du groupe chinois. Plusieurs pays européens comptent les suivre.

Ce samedi 12 janvier,  Huawei a annoncé avoir licencié son employé arrêté la veille en Pologne pour espionnage. «Un Polonais et un Chinois ont été arrêtés sous l’accusation d’espionnage. Le Chinois est un homme d’affaires travaillant pour un important groupe d’électronique », avait annoncé vendredi l’adjoint au ministre polonais chargé de coordonner les services de renseignement Maciej Wasik. Interpellées mardi, ces deux personnes sont soupçonnées d’avoir agi « pour le compte des services chinois et au détriment de la Pologne », avait de son côté précisé Stanislaw Zaryn, le porte-parole du ministre.

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Dans tout ce magma, Sonatrach a signé avec Huawei un contrat à la limite du gré à gré pour la réalisation d’un système d’information.

Le système d’information est un ensemble de softwares qui gère un tableau de bord de l’entreprise. Ce système gère aussi bien les finances que la ressource humaine; ainsi que le potentiel des gisements du pays. Mettre tout cela entre le plus grand espion électronique du monde relève de l’aventure et de la destruction pure et simple de l’entreprise nourricière du pays.

Qui est derrière le contrat ?

Comme pour l’Autoroute Est-Ouest, le contrat de Sonatrach avec Huawei est entaché d’irrégularités.

La première est qu’au lieu de lancer un appel d’appel d’offres, Sonatrach s’est décidée à faire une consultation restreinte. Pire encore, c’est Huawei, sur instruction de la direction générale de Sonatrach, qui a été appelée à la rescousse pour assister la commission du service informatique de l’entreprise afin d’élaborer le cahier des charges pour la réalisation du système d’information.

Cette décision a été imposée à la commission en charge de la gestion  de ce projet et personne n’a eu à contester la décision émanant du cabinet de Ould Kaddour.

Au lancement de la consultation, qui n’a pas été publiée sur le Baosem, un délai très court a été accordé aux soumissionnaires consultés. Ces derniers ont décidé de renoncer à répondre à l’appel à consultation et de fait, Huawei se retrouve seul soumissionnaire.

Dans la tradition, une telle consultation devait être déclarée infructueuse, mais avec Ould Kaddour, tout est possible. Son conseiller Terra Yacine débarque à la salle de la réunion de la commission de l’ISI et demande à l’assistance de retenir Huawei pour la consultation en question. Pas question de négocier. Pas question de déclarer infructueuse la consultation où Huawei était seul soumissionnaire. Avec la purge, opérée à la direction ISI, qui avait précédé cette décision, les pauvres employés ont accepté le fait accompli et ont attribué le contrat au plus grand espion du monde.

En contre partie de cette générosité, la firme chinoise a offert aux gens de Sonatrach un séjour gratuit aux Emirats Arabes Unis, à l’occasion de l’organisation du salon de l’énergie.

BCG: l’américain interroge les algériens

Depuis son arrivée, Ould Kaddour a décidé que les algériens ne sont pas en mesure de réfléchir ou de dégager une vision pour l’entreprise.

Il a alors fait appel au Cabinet américain, Boston Consulting Group (BCG) qui a travaillé principalement sur trois axes: le programme SH2030 qui va mener Sonatrach à la cinquième place dans le gotha mondial et le projet de la loi, qui va certainement ruiner le pays à travers le bradage de ses richesses.

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Outre le préjudice financier, du fait des honoraires exorbitants, BCG a travaillé sur la ressource humaine pour l’établissement d’un canevas des cadres. Avec, comme interface docile, appelée Fethi Arabi -proche assistant de Ould Kaddour-, BCG se permet même de faire convoquer des cadres de Sonatrach pour les soumettre à un questionnaire qui s’apparente à un interrogatoire des services de police.

Désormais, BCG dispose d’un fichier complet de tous les cadres principaux de Sonatrach et peut l’utiliser à sa guise dans des opérations nuisibles aux intérêts de l’Algérie.

Le groupe énergétique algérien, qui a toujours été soucieux des informations relatives à son personnel, étale au grand jour les renseignement les plus sensibles et les met entre les mains d’un Cabinet américain.

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