Hamoud Boualem : un savoir-faire qui progresse

slim

L’entreprise fondée il y a  près d’un siècle et demi dans le quartier de Belcourt à Alger par le limonadier et fabricant d’arômes Youssef Hamoud, a survécu à moult épreuves : la banqueroute, le soutien à la guerre de libération et la vague des nationalisations à l’indépendance mais, surtout à la concurrence des multinationales Coca Cola et Pepsi à partir des années 1990.

En 2016, Hamoud Boualem Spa a réalisé un chiffre d’affaires de 8,4 milliards DZD (77,2 millions USD) et dégagé un résultat net de 1,4 milliards DZD (12,8 millions USD), soit un taux de rentabilité de 16,5% et une croissance de 9% comparativement à 2015. L’entreprise, propriété des familles Hamoud, Hafiz et Bensmaine, se positionne ainsi sur le marché algérien comme l’une des plus importantes entreprises de boissons. Les transformations engagées pour la restructurer à partir de 2008 ont consolidé cette position et ont ancré davantage les marques qu’elle commercialise dans le marché, notamment Hamoud et Selecto.


LIRE AUSSI NCA Rouiba: nette progression du chiffre d’affaires


Une entreprise patriote

L’entreprise, qui a pris le nom du petit-fils de Youssef Hamoud a subi les aléas de l’histoire et les outrages des épreuves successives du peuple algérien depuis la seconde guerre mondiale ainsi que les difficultés du secteur privé au lendemain de l’indépendance. Mais, elle a su transcender ces périodes grâce à un savoir-faire qui continue de résister à la concurrence des multinationales.

Or, Hamoud Boualem, qui a fait faillite en 1947 à cause de la concurrence de Coca Cola introduite en Algérie avec le débarquement des alliés en Afrique du nord en 1942, a néanmoins survécu au retour de la multinationale américaine dans les années 1990.

En effet, l’entreprise qui s’est essayée à la diversification de ses activités dans les années 1940 pour faire face à la concurrence de Coca Cola en créant une unité de pâtes alimentaires, a été tombée dans l’escarcelle d’un consortium de banques après sa faillite. Et ce, avant d’être rachetée en 1951 par les Hamoud (ses anciens propriétaires) et leurs alliés les Bensmaine et les Hafiz. Le soutien financier apporté par ces familles à la glorieuse révolution de 1954 l’a sauvé de la vague des nationalisations suivant l’indépendance. Et, seule son unité des pâtes alimentaires a été nationalisée.


LIRE AUSSI Renault: croissance continue, déficit chronique


Dans ce contexte, il convient de souligner que beaucoup de familles bourgeoises ayant soutenu la guerre de libération ont été ruinées par l’administration coloniale à l’image du richissime bachagha Ameziane de Constantine torturé à mort dans l’étable des vaches de sa propre ferme qui fut un temps un centre logistique de la révolution avant de devenir un centre de détention et de torture tristement célèbre une fois identifiée comme repère de l’organisation FLN/ALN.

Alma, une filiale déficitaire

Bref, la direction du jeune Etat algérien indépendant a laissé l’entreprise fabriquer et commercialiser les boissons gazeuses dans l’Algérois. Elle a, néanmoins, tardé à sortir d’Alger après la libéralisation de l’économie à partir de 1990, n’ayant accordé sa première franchise qu’en 2000. C’était pour l’entreprise française Parot afin d’exploiter la marque Selecto en France. Et, elle n’a commencé à se déployer à travers le territoire national qu’à partir de 2007. L’entreprise a installé une unité à Oran en 2007 et acquis deux sociétés embouteillant l’eau de source, celle d’Alma à Ouzellaguen dans la wilaya de Bejaia et Dhaya dans la wilaya de Bel Abbes. La filiale qui exploité l’eau de source Alma a réalisé un chiffre d’affaires de 290 millions DZD (2,6 millions USD) en recul de 22% comparativement à 2015. L’usine entrée en production en 2014 a ainsi cumulé en 2016 son troisième exercice déficitaire puisqu’elle a enregistré une perte de 65 millions DZD (594000 USD), une perte de 18 millions DZD (180000 USD) en 2015 et une perte de 36 millions DZD (447000 USD) sur un chiffre d’affaires de 325 millions DZD (4 millions USD) en 2014. Cette marque a plutôt du mal à s’imposer sur le marché.


LIRE AUSSI UCC: 5 millions de sacs en propylène


Pour la fabrication des jus de fruits, l’entreprise Hamoud Boualem a acheté l’usine et la marque Jutop auprès de la Sarl Groupe Cherif Production basée à Boufarik où elle a d’ailleurs installé sa nouvelle usine de boissons gazeuses sur un terrain jouxtant cette unité. De même qu’elle a pris des parts dans le capital d’une usine à Sétif qu’elle exploite en partenariat avec un opérateur étranger et a accordé une franchise à la SARL Sodas et Boissons d’Algérie (SBA) appartenant à la famille Abbas Triki (Eucalyptus).

Ventes à l’étranger

En tout cas, l’entreprise Hamoud Boualem, devenue une société par actions en 2008,  réalise depuis 2011 un chiffre d’affaires stable autour de 8 milliards de DZD : 7,1 milliards DZD (97,4 millions USD) et un résultat net de 908 millions DZD en 2011 (12,4 millions USD), 7,5 milliards DZD (96,7 millions USD) et un résultat net de 938,9 millions DZD (12,1 millions USD) en 2012, 8,1 milliards DZD (102 millions USD) et un résultat net de 1,45 milliards DZD (18,2 millions USD) en 2013, 8 milliards DZD (99,3 millions USD) et un résultat net de 1 milliard DZD (12,4 millions USD) en 2014 et 7,7 milliards DZD (76,9 millions USD) et un résultat net de 1,8 milliard DZD (17,9 millions USD) en 2015.

Il convient, enfin, de signaler que Hamoud Boualem n’exporte que très peu de sa production et à peine 1% de son chiffre d’affaires est généré par ses ventes à l’étranger. Et, si l’entreprise arrive à placer ses produits dans des marchés aussi exigeants que le marché européen (France, Belgique, Espagne et Angleterre) et le marché canadien, sa priorité reste l’Algérie où elle vise de conquérir de nouvelles parts de marché. Elle a, par contre, connu une mésaventure en 2011 quand un commerçant a voulu exporter ses boissons gazeuses aux Etats-Unis. La FDA (Food and Drug Administration) étasunienne a refusé l’accès à sa gazeuse Slim Orange cause d’un colorant, le ponceau ou rouge de cochenille (E124), autorisé en Algérie et dans la plupart des pays européens mais, interdit au Norvège et aux Etats-Unis.

(A suivre)

Consulter les réactions sur facebook

LIRE AUSSI Mobilis: 50% de bonus sur vos appels internationaux!