Grosses pénuries de lait : la vache qui ne rit plus

vache

En cette période de grosses chaleurs, le lait fait désordre. Depuis plusieurs semaines, et même avant le ramadan, la pénurie de lait en sachet était là ; les Algériens la connaissent, la vivent, puisqu’ils se lèvent à six heures du matin pour s’en procurer, vainement. Femmes et enfants font des chaînes interminables, mais en ces temps de disette, le camion-distributeur n’est pas toujours au rendez-vous, et il faut encore se lever plus tôt demain, avec l’espoir de pouvoir en acheter.

Au manque de production s’ajoute le peu d’empressement des commerçants à s’en doter. Et ils s’en expliquent : le lait tourne vite à l’aigreur par ces temps de    canicule et on peut perdre beaucoup d’argent en s’aventurant sur ce commerce imprévisible.

Pourtant, le lait n’est pas un commerce imprévisible, loin s’en faut ; c’est même le commerce qui marche le mieux en Algérie, après le pain. Jugez-en : l’Algérien est le plus grand consommateur de lait au Maghreb avec plus de 110 litres consommés par individu/an, alors que le Tunisien en consomme entre 80 et 85 et le Marocain entre 70 et 75 litres/an. Le plus curieux est que l’Algérie est le troisième importateur de lait en poudre au niveau mondial, avec ses 40 millions d’habitants, alors que des pays de plus grande importance démographique, avec leurs 100 millions, 300 millions ou 500 millions d’habitants importent moins ; le coût annuel de l’importation du lait en poudre excède le 1 milliards de dollars.

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Le parc algérien des vaches est maigre, si on le compare au cheptel laitier des pays développés, moins denses démographiquement que l’Algérie, avec moins de 1 million de vaches laitières.

Le nombre des vaches laitières au niveau national est largement en deçà du cheptel nécessaire pour répondre aux besoins en lait. Constitué actuellement de 200 000 vaches uniquement, ce cheptel doit être de l’ordre de 1 million de vaches laitières pour satisfaire la demande exprimée. De gros importateurs de vaches laitières se sont essayés à cet élevage délicat et difficile, sans succès. Un de ces importateurs a même été poussé à sacrifier à la lame du couteau son cheptel bovin pour le vendre comme de la simple viande bovine, après l’insuccès de son entreprise et l’échec rencontré à élever convenablement son parc de vaches laitières.

Difficile, très difficile d’être vache par ces temps de disette…

 

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