GNF : un seul héro, Cherouati

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Comme cela a été mentionné dans un autre article sur les contrats gaziers à long terme, Sonatrach a été contrainte en 2007 de demander à son client espagnol, Gas Natural Fenosa, une augmentation des prix ) hauteur de 20%. La demande de Sonatrach était argumenté par le fait que les prix du pétrole ont explosé et que les prix des livraisons de gaz naturel étaient justement indexées sur celles de l’or noire. Gas Natural Fenosa (GNF), qui est un client historique de l’Algérie, a de suite rejeté la demande de Sonatrach.

En vogue alors, le recours à l’arbitrage devient une issue logique à ce litige. Sonatrach, sous l’emprise de Chakib Khelil, décide de porter l’affaire devant les juridictions internationales.

La compagnie publique algérienne était déjà en arbitrage contre Gas Natural Fenosa (GNF)et sa compatriote Repsol par rapport au projet intégré de Gassi Touil. Cette affaire de divergence sur les prix du gaz allait envenimer davantage les relations algéro-espagnoles.

En août 2010, trois mois après le limogeage de Chakib Khelil, la cour d’arbitrage de Paris a statué en  faveur de Sonatrach dans un conflit qui aura duré près de trois ans.  Mais la cour n’a pas fixé les montants que devait payer à Sonatrach, le client espagnol. Les spécialistes tablaient alors sur une indemnisation de l’ordre de 1,5 milliards d’euros.


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Malgré les sournoiseries de Yousfi

Fraîchement installé à la tête de Sonatrach, Nordine Cherouati entame alors des négociations directes avec Gas Natural Fenosa pour la définition des termes de l’accord final sur les montants à payer. Ces discussions vont durer des mois et des mois, sans pour autant trouver un consensus. Youcef Yousfi, ministre alors de l’énergie et des mines, mettait beaucoup de pression et empêchait par ses sournoiseries l’aboutissement d’une entente sur ce dossier.

L’accord négocié par Nordine Cherouati sera signé le 14 juin 2011. C’était une victoire retentissante: Cherouati a obtenu des espagnols un payement de 1.7 milliards d’euros, dont 514 millions en actions dans le capital de Gas Natural Fenosa (GNF). Aujourd’hui, Sonatrach détient une participation de 3,85 % du capital de la société espagnole, ce qui représente 38.183.600 d’actions. Cherouati obtient également des espagnols, l’achat de 10% des actions de la société qui gère le gazoduc Medgaz. Une manière de les impliquer davantage dans l’achat du gaz algérien.


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La jalousie au sommet de l’Etat

Ce jour-là, le ministre espagnol de l’Industrie, du Tourisme et du Commerce, Miguel Sebastiàn se trouvait à Alger. Il aurait pu assister à la signature de cet accord. Mais, non. Furieux de jalousie contre Cherouati, Youcef Yousfi préfère aller balader le ministre espagnol à Hassi R’mel pour une énième inauguration de la centrale hydride (gaz-photovoltaïque).

Il convient de noter que ces actions détenues par Sonatrach dans le capital de Gas Natural Fenosa (GNF) valent aujourd’hui plus d’un milliard d’euros. Puisqu’à leur acquisition, elles valaient 12.75 euros, alors que depuis 2014, leur valeur oscille entre 20 et 25 euro.

Un beau jour, quelqu’un va faire comme Chakib Khelil et décidera de la vente des actions de Sonatrach dans Gas Natural Fenosa.

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