Foncier industriel: plus de 200 milliards de dinars dépensés

Depuis le début du projet de viabilisation et de mise en service des zones d’activité, des dizaines de milliards de dinars sont engloutis par un projet qui n’en finit d’en redemander plus. D’autant que des hommes d’affaires, comme Ali Haddad et les Kouninef, principaux bénéficiaires du foncier industriel, sont aujourd’hui « hors circuit », faisant subir un préjudice financier irréversible au Trésor public.

Souvenons-nous en : on avait souhaité d’abord, mettre ces zones industrielles sous la responsabilité directe des walis, débloquant de ce fait, une enveloppe de 250 milliards de dinars au développement local. Par la suite, 127 milliards de dinars ont été inutilement consentis au profit des parcs industriels ; pour la seule zone de Sidi Khaled de Oued El Berdi, à Bouira, 200 milliards de centimes ont été nécessaires pour la viabilisation de la zone. Des zones industrielles à l’arrêt depuis des années, comme c’est le cas pour celui de Djelfa, attendent toujours d’être relancées.

Jusqu’où ira-t-on avec ces rallonges qui n’en finissent pas, et dont les effets s’avèrent d’une affligeante inanité ?

Depuis le tarissement des ressources financières, et pour capter les capitaux étranger, relancer l’économie, la diversifier et remettre en marche la machine de production, l’Algérie avait opté pour l’accroissement des zones d’activité dans tout le pays et a arrêté leur nombre initial à 50, donnant de larges prérogatives aux walis et mobilisant une enveloppe financière conséquente.

La réalisation des parcs industriels a déjà coûté au trésor public quelque 125,35 milliards de dinars, soit plus d’un milliard d’euros. Aujourd’hui, 34 projets sur les 49 prévus, ont été attribués à des sociétés de réalisation alors que trois projets sont en cours de traitement. Il s’agit des parcs industriels d’El Bayadh, de M’daourouche (Souk Ahras) et de Tamazoura (Ain Temouchent).

Ces projets sont gérés par l’Agence Nationale d’Intermédiation et de Régulation Foncière (Aniref), qui relève du ministère de l’industrie et des mines. L’opération a débuté en 2014 pour le lancement de 49 parcs industriels répartis sur tout le territoire national (voir tableau ci-dessous.)

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Dans un premier temps, le gouvernement avait pensé gérer lui-même ces zones industriels, mais pour plus de rentabilité et de pragmatisme, il en avait consenti la gestion aux acteurs mêmes de des zones d’activités, qui eux-mêmes, devraient trouver les mécanismes de management adéquats.

Mais on devine aujourd’hui le poids financier de ces opérations, dont certaines ont vu le jour, tandis que d’autres coincent, piétinent ou s’enlisent lentement. Pour le gouvernement, l’aménagement, au plus tard dans une année, de 50 nouvelles zones industrielles afin d’encourager l’investissement productif, est devenu une condition d’accès à une économie d’avenir.

On avait souhaité d’abord, mettre ces zones industrielles sous la responsabilité directe des walis, faisant part d’une enveloppe de 250 milliards de dinars au développement local et 260 milliards de dinars directement destinés à la bonification des taux d’intérêt. Des mesures dictées par l’intérêt grandissant des entreprises pour les projets d’investissement. Entre mars 2017 et avril 2018, près de 4000 nouveaux dossiers d’investissement ont été déposés au niveau du guichet unique de l’Agence Nationale de Développement de l’Investissement, un bond important qui a été encouragé par les facilitations consenties en matière de financement et d’accompagnement de l’investissement.

Les rallonges financières augmentent indéfiniment, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous.

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