Finances: Tebboune prend définitivement la main

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Souvent, placé en dehors du contrôle direct du président de la République, le secteur des finances est de retour au bercail. Désormais, ce département sensible, que gère le Gouvernement, est contrôlé délicatement par le pouvoir du président de la République.

Disloqué et fragmenté, par le passé, en divers lots dont la multi-obédience politique et clanique n’est pas à démontrer, le secteur des finances retrouve enfin son harmonie et surtout un seul centre de gravité qui exerce sa seule et unique pesanteur.

Sans tambour ni trompette, le président de la République a placé, dans un laps de temps assez court, les hommes qu’il faut à tous les postes-clés du ministère des finances.

Le poste le plus important qu’il a pourvu est sans doute celui de Directeur Général du Budget (DGB). Faïd abedlaziz vient d’être confirmé à ce poste, suite à son installation en date du 4 février, en remplacement de Farid Bekka qui avait, durant 13 ans de règne, bâti un empire d’influence, à même de rivaliser avec le Premier Ministre.

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En plaçant un directeur du budget, n’ayant aucune autre connexion, que celle de la loyauté à l’Etat, le président de la République a tenu à assurer la sérénité et surtout la rationalité dans la planification, la gestion et la consolidation des budgets de l’Etat et surtout la rationalisation de la dépense publique.

De même, le 8 mars dernier, il a été procédé à l’installation de Kamel Mansouri en qualité de Directeur Général du Fonds National d’investissement (FNI), en remplacement de Monsieur Haddad Ahcène.

Durant les dernières années, le FNI avait pris une tournure de flambeur qui est venu à bout de pas moins de 10 milliards de dollars, partis en fumée, dans des projets utopiques.

Plus de flambeurs

Mansouri Kamel, qui occupait le poste de P-dg de la Société Financière d’Investissements, de Participations et de placement (SOFINANCE), est rompu aux opérations d’investissement et de placements qui ont un lourd sens du retour sur investissement. Il n’est plus question, dans le mental de Tebboune, d’aller impliquer le FNI dans des opérations de flambeurs d’argent, comme ce fut le cas pour les prises de participations dans les « pièges » français, tels AXA, Renault, etc. où l’Etat algérien a placé beaucoup d’argent sans aucune chance de tirer des dividendes rationnels.

Désormais, le FNI ne sera actionné que pour des projets structurants et rentables sur la table socio-économique.

En dépit de toutes leurs divergences sur tous les sujets, les algériens restent tout de même totalement unis dans leur perception d’un axiome: celui de la Douane.

D’aucuns se disent que le pays ne peut évoluer si le corps des Douanes n’est pas contrôlé et suffisamment orienté vers la prévention de l’économie nationale et non des lobbys mafieux.

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Ainsi, le 24 février dernier, il a été procédé à l’installation de Noureddine KHALDI en qualité de Directeur Général de la Douane, en remplacement de Monsieur Mohamed OUARET.
Outre le travail purement « policier », qu’il s’agit de mener quotidiennement, le nouveau patron des Douanes est tenu par un agenda consistant à parachever les projets engagés pour faire de l’administration douanière, un outil au service du développement de l’économie nationale

Noureddine Khaldi est conscient qu’il ne devra obéir qu’à la loi et aux directives du pouvoir exécutif. L’ère des instructions par téléphone ou par n’importe quel autre moyen est révolue. Khaldi est conscient que tout acte déviationniste par rapport à cette ligne va certainement lui coûter sa carrière est nul n’est en mesure de le protéger en cas de faillite à sa mission.

Pour boucler la boucle, le président a misé sur un nouveau visage pour la perception de l’Impôt. Combinant la compétence à l’expérience face aux différentes situations d’évasion, de fraude et autres formes d’optimisation para-légale de l’impôt, Madame Amel Abdellatif est le nouveau porteur de l’étendard de la République en matière de perception de taxes et impôts.

Avant son installation, le 4 février dernier à la tête de la Direction Générale des Impôts (DGI),  Amel Abdellatif avait occupé pendant longtemps le poste de Directrice du Contentieux. Du coup, elle est sensée connaitre sur le bout des doigts l’ensemble des fraudeurs et des contrevenants, ainsi que leurs méthodes pour contourner les dispositions de la Loi.

De toute évidence, les groupes d’intérêts vont poursuivre leur résistance à ce changement et cette lutte sera, prochainement, perceptible chez le public.

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