Film sur l’Emir Abdelkader: « Chute libre » de Khalida Toumi ?

khalida toumi

Par Zoutale F.

L’événement « Tlemcen capitale de la culture islamique» devait briller de mille feux en 2011. Le système Bouteflika carburait à plein régime, les prix du baril sur les marchés pétroliers enregistraient des pics très avantageux et l’argent coulait à flots. Tout était indiqué pour faire dans la somptuosité et la brillance. D’autant que la ministre de la Culture chargée à l’époque de cette préparation pompeuse s’appelait Khalida Toumi.

Elle devait non pas uniquement réussir le pari de faire revivre la splendeur de Tlemcen, qui fut réellement par le passé une mégalopole du monde arabo-musulman, comme le furent Grenade, Cordoue, Hérat, Samarkand, Damas, Bagdad ou le Caire, mais aussi – et surtout- plaire au sérail, lui-même originaire,  dans une large proportion, de Tlemcen.  La planète Bouteflika s’articulait absolument, résolument et ostensiblement autour de Tlemcen.

Khalida Toumi et ses collaborateurs multipliaient les initiatives et se surpassaient en ingéniosité pour être au top tant aux yeux de Abdelaziz Bouteflika qu’aux yeux des milliers de visiteurs étrangers, représentant 30 pays, qui devaient affluer sur la capitale des Zianides. Des mosquées de l’époque des sultans Béni Ziane sont alors restaurées, des palais refaits à l’identique et des artisans invités de tous les coins du pays pour faire ressusciter les splendeurs de Tlemcen.

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C’est le premier souci qu’aura Toumi à se faire, car la justice à trouver un ensemble d’anomalies et de zones d’ombre. De ce fait, le parquet général de Tlemcen devra entendre la semaine prochaine l’ancienne ministre de la Culture, Khalida Toumi, et l’ex-wali de Tlemcen, Abdelouahab Nouri, dans cette affaire de surfacturation des prestation de la manifestation «Tlemcen capitale de la culture islamique 2011 ». L’ex-ministre et l’ex-wali seront confrontés au dossier que détient le procureur de la République près le tribunal de Tlemcen, Koubai Belahouel, qui, s’appuyant sur des pièces comptables, a ordonné l’ouverture d’une enquête ;

L’autre souci de Toumi va concerner le film, jamais abouti, sur l’Emir Abdelkader. Après avoir consommé plusieurs milliards, avant même que le projet ne soit concrètement lancé, le film sur l’Emir Abdelkader a été gelé. C’est ce qu’a affirmé à l’Assemblée populaire nationale, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui répondait à la question d’un député. La raison est liée, selon lui, à l’absence d’un «scénario à la hauteur de la personnalité éminente de l’Emir et de financements».

Pourtant, en matière de financement, tout a été, à l’époque, prévu, et Bouteflika ne demandait qu’à mettre le paquet pour faire aboutir une superproduction   digne des péplums d’Hollywood. Près de 200 milliards de centimes ont été mobilisés par l’Etat. Le lancement du film a eu lieu en 2013. Un contrat a été même signé entre l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) et un studio américain. La réalisation a été confiée à l’Américain Charles Burnett, alors qu’Oliver Stone était pressenti pour être le producteur exécutif.

Le temps passait, et rien n’indiquait que le premier coup de clap ait été donné. Le plus gros de ces fonds considérables est consommé sans que le film n’avance d’un empan.

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Dans le document qui illustre cet article, il est dit que l’Agence algérienne pour le Rayonnement culturel (l’AARC), sous l’égide du ministère de la Culture, est autorisée à transférer au profit de la société américaine coproductrice du film le montant de 17,5 millions de dollars, représentant le montant de la part transférable due par l’AARC pour le film « l’Emir Abdelkader » coproduit avec cette société et réalisé par Charles Burnett.

Il est précisé en outre, que ce montant devait aller à la prise en charge de l’ensemble des opérations liées à la fabrication du film (préparation, tournage, postproduction) effectuées exclusivement à l’étranger. Le document est paraphé de la main de Khalida Toumi, le 12 novembre 2013.

Par la suite, la piste américaine a été abandonnée, l’argent perdu sans laisser de traces ; aucune enquête n’a été menée à ce jour. Le péplum sur l’Emir qui devait faire tilt, aura été un flop intégral. Celle qui était le chouchou du clan présidentiel tombait de haut, et certains assurent même que c’est bel et bien cet épisode qui avait coûté son poste de ministre à Khalida Toumi.

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