FCE: une série de mesures pour réduire l’impact de la crise

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Le Forum des Chefs d’Entreprises (FCE) a adressé au premier ministre une correspondance à propos la crise sanitaire et dans laquelle il propose une série de mesures pour réduire son incidence sur l’économie nationale. En voici le texte:

« Dans notre correspondance datée du 17 mars dernier, nous vous avons fait part des préoccupations des membres de notre association qui ont été engendrées par le contexte sanitaire.

Nous vous avons fait état également de leur engagement de solidarité avec la collectivité   nationale et de leur adhésion à l’action publique.

En effet, et en coordination avec les différentes autorités locales, nos entreprises membres se sont résolument investies dans des actions de solidarité et ce, malgré la crise qui les affecte durement.

La préservation de l’emploi fait également partie de nos préoccupations majeures.

Dans le même ordre d’idées, et compte tenu de la gravité de la situation et le risque de son installation dans la durée, ajoutés aux éléments de langage adoptés par les plus hautes autorités de l’Etat, il serait indiqué de décréter l’épidémie du Covid-19 comme un ‘’cas de force majeur’’.

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Cette mesure, si elle venait à être adoptée, permettra à la communauté nationale d’appréhender la gestion de l’après Covid-19 avec davantage de sérénité.

Aussi, nous saisissons cette occasion de communion du peuple algérien autour de l’autorité publique pour vous réitérer la teneur de nos propositions, à savoir :

  • Report des paiements des échéances fiscales et sociales (CNAS, CASNOS, CACOBATPH, CNR …) ;
  • Report du paiement des échéances fiscales avec possibilité de remise totale ou partielle pour les entreprises les plus en difficulté après étude des cas ;
  • Rééchelonnement des échéances des crédits bancaires pour les entreprises en difficulté de trésorerie ;
  • Accélération des procédures d’accès au crédit d’exploitation au profit des entreprises au cas par cas avec un taux d’intérêt « 0 » pour les entreprises affectées par l’épidémie COVID-19. Il est aussi nécessaire de reconduire la durée de validité d’utilisation des crédits déjà autorisés ;
  • Maintien du taux bonifié en cas de renégociation des crédits bancaires ;
  • Allongement de la durée de de dé-classification pour retard de paiement des échéances de 90 à 180 jours ;
  • Sécurisation de l’approvisionnement des entreprises et des marchés sur l’ensemble du territoire national ;
  • Gel de l’application des pénalités de retard au profit des entreprises activant dans le cadre des marchés publics ;
  • Allègement des procédures de mise en chômage technique ;
  • Accélération des paiements de situation constatée à l’occasion de l’exécution de marchés publics ;
  • Allongement de la période de franchise des conteneurs d’intrants de 15 à 45 jours ;
  • Réduction des coûts d’emmagasinement au niveau des ports et ports secs ;
  • Gel de l’utilisation du chèque certifié à l’occasion de l’apurement des taxes et autres droits de douanes pour les entreprises bénéficiaires du circuit vert (les banques étant en sous effectifs) ;
  • Gratuité du Haut Débit Internet en faveur des entreprises et ce, afin d’encourager le travail à distance et réduire les déplacements des personnes ;
  • Tacite-reconduction de toutes les autorisations, homologation, agrément, concession, permis, licence qui viendraient à échéance avant son exploitation ;
  • Implication des collectivités locales à l’effet de faciliter les démarches administratives au profit des entreprises ;

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Ce que révèle essentiellement cette crise sanitaire aggravé par l’effondrement des prix du pétrole, c’est un ensemble de fragilités structurelles qui découlent de choix économiques et de développement inadéquats.

Il s’en dégage une évidence : A l’issue de la crise, plus rien ne sera comme avant.

L’Algérie n’aura d’autre choix que de repenser profondément la structure et l’organisation de son économie et de reconcevoir son modèle de développement en ayant en vue la diversification de ses ressources financières et son autonomie en matière de satisfaction de ses besoins stratégiques.

De ce fait, il importe, et dès maintenant, d’engager la réflexion sur ce que doit être l’Algérie de l’après Covid-19.

Dans ce sens, le Forum des Chefs d’Entreprise, à travers ses membres, est disposé  à apporter leur contribution et leur expertise dans la cadre d’une Task Force chargée de la veille et de la réflexion stratégiques ou dans n’importe quel autre cadre que le gouvernement jugera opportun.

Je vous prie d’agréer, monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma plus haute considération. »