Faux diplômes: l’antécédent de Ould Kaddour

Le mensonge du PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour sur son diplôme de doctorat n’est pas une première dans le secteur marchand de l’Etat, même si les motivations des uns et autres ne sont pas les mêmes.

En effet, Hafid Fassouli, ancien président du directoire de la Société de gestion des participations de l’Etat (SGP) INDJAB, qui gérait le portefeuille des entreprises publiques du bâtiment, l’a fait avant lui. Fassouli a falsifié ses diplômes pour gravir les échelons dans le secteur marchand de l’Etat avant de prendre la direction de la SGP INDJAB qui était constituée de 61 entreprises (34 d’envergure régionale, 23 bureaux d’études, 3 entreprises de génie civil et 4 grands groupes) qui ont construit et construisent encore des milliers de logements.


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Mais, cette escroquerie, et si elle a échappé à la vigilance des recruteurs à ce niveau de la responsabilité, avait valu à Fassouli la destitution de son poste et une incarcération en février 2013 une fois le pot aux roses découvert.

Or, les prétentions de Ould Kaddour participent à une campagne de réhabilitation après une condamnation pour un délit beaucoup plus infâmant que la falsification des diplômes, à savoir la divulgation de «secrets défense». Ainsi, et pour couvrir le temps qu’il avait passé au Massachussetts Institute of Technology (MIT) pour obtenir un master –quatre ans, ce qui est aberrant en la matière – il s’est attribué un faux doctorat. Puisque la stratégie de sa réhabilitation consiste justement à dire, comme l’ont relevé les journalistes du Huffpost, qu’il était un cadre émérite victime d’un complot des services de renseignement. Les médias amis se sont chargés du reste, proférant d’autres aberrations allant jusqu’à dire qu’il avait lu 600 livres durant les 20 mois qu’il avait passés en détention.

Cela dit, Ould Kaddour n’étant pas le cadre émérite qu’il tente de faire croire aux Algériens pour le légitimer dans son poste.

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