Fatoum Lakhdari: un observatoire pour l’agriculture au Sud

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Le développement de l’agriculture saharienne nécessite la mise en place d’un observatoire national pluridisciplinaire regroupant des chercheurs, des agriculteurs, des investisseurs et également des décideurs, a estimé dimanche à Alger, la Directrice du Centre de recherche scientifique et technique sur les régions arides, Fatoum Lakhdari.

« Pour développer l’agriculture saharienne, il faudra installer un observatoire national pluridisciplinaire, composé d’acteurs de différents niveaux et de secteurs multiples afin d’identifier les périmètres agricoles, cibler les produits à cultiver, suivre l’évolution de la production, contrôler l’exploitation de l’eau, et aussi mettre les moyens nécessaires au services des agriculteurs », a expliqué Mme Lakhdari à l’APS.

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Elle s’exprimait en marge d’une table ronde sur l’agriculture saharienne, organisée au siège de l’Institut national d’études de stratégie globale

(INESG), sous le thème « Agriculture saharienne : enjeux et défis », avec la participation des représentants de plusieurs ministères, organismes et institutions en lien avec l’agriculture saharienne, à leur tête, le ministère de l’Agriculture, du développement rural et de la pêche.

La composante de cet observatoire devra, selon Mme Lakhdari, « travailler pour développer l’agriculture saharienne en faveur de la consommation nationale, puis aller sillonner le monde en vue de trouver des débouchées à nos produits sur les marchés internationaux », affirmant que « l’Algérie est autosuffisante dans certaines production agricoles et pourra même exporter ses excédents », citant notamment les dattes.

Mme Lakhdari, a également souligné l’impératif de relever les défis sociaux économiques pour le développement de l’agriculture saharienne, visant l’amélioration de ses produits, tant en quantité qu’en qualité, l’amélioration de leur compétitivité sur le marché national et international, et aussi le développement des activités liées à cette culture, notamment la transformation, la conservation, et la commercialisation de produits agricoles.

Evoquant les contraintes naturelles liées à cette agriculture, telle l’insuffisance de la disponibilité des ressources en eau pour l’irrigation dans certaines régions du sud, la responsable a reconnu qu’en matière de ressources en eau, le sud algérien demeure « limité dans le temps et l’espace », préconisant, à cet effet, la planification de l’exploitation des nappes phréatiques pour pérenniser ses ressources, ainsi que la rationalisation de la consommation de l’eau avec des systèmes d’irrigation modernes, « efficaces, mais économiques ».

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Par ailleurs, la sous directrice de développement de l’agriculture saharienne, auprès du ministère de l’Agriculture, du développement rural et de la pêche, Mlle Mokhtari Fatma, a mis en exergue, lors de son intervention, les importantes potentialités de l’agriculture saharienne, notamment la superficie agricole totale qui dépasse les 20 millions d’hectares dans les wilayas du sud avec une production estimée à 618 milliards de dinars en 2016, soit 20% de la valeur de la production nationale.

Elle a, dans ce sens, avancé que la production de céréales dans le sud dépasse les 2 millions de quintaux annuellement, alors que celle de légumes frais avoisine les 28 millions de quintaux, précisant que le ministère, à travers sa stratégie pour le développement de l’agriculture saharienne, « encourage les investisseurs locaux à investir dans les filières stratégiques, en privilégiant les projets concrets, susceptibles de résultats rapides ».

Melle Mokhtari a souligné que les pouvoirs publics interviennent à plusieurs niveaux à travers le soutien des semences fourragères, soutien à la mécanisation spécialisée, soutien à l’irrigation, aux engrais, primes accordées pour le lait, pomme de terre et la tomate industrielle, et aussi l’accompagnement de proximité en faveur des agriculteurs et les éleveurs, en impliquant les comités interprofessionnels.

En outre, les potentialités et opportunités d’investissement dans l’agriculture saharienne ont été évoqués par les intervenants lors des débats, en citant, entre autres, les agrumes, les dattes, pommes de terre, et l’investissement dans la production animale et les arbres fruitiers.

Les problèmes qu’affronte l’agriculture saharienne, ont également été abordés, tels le déficit en matière de stockage et de la commercialisation, l’irrigation, le manque d’une main-d’œuvre qualifiée et aussi le problème d’électricité.

Parmi les recommandations retenues, la nécessité d’une évaluation permanente du secteur agricole dans le sud, la mise en place d’une politique attractive aux investissements agricole, ainsi qu’une formation adéquate des agriculteurs dans le milieu saharien.

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