Etude: l’impact de la crise sanitaire sur les entreprises des TIC

secteur du numérique

Cette étude a été réalisée sur la base d’un échantillon significatif de plus de 200 entreprises membres du FCE, activant dans le secteur du numérique. Elle a englobé toutes les catégories d’entreprises (TPE et PME) et couvert toute la chaîne de valeurs à l’exception des Opérateurs en télécommunication -Les autres services providers étant quasiment inexistants (ISP, CSP…)-. 

Les enquêteurs estiment qu’il existe plus de 20 000 entreprises spécialisées (estimation basée sur des chiffres de 2018) dans le secteur du numérique, dont plus de 95% sont des TPE où le nombre de salariés ne dépasse pas les 10 employés; quant aux PME, qui représentent les autres 5%, le nombre de leurs salariés varie de 10 à 300 employés,

L’étude a été faite sur la base d’un canevas articulé autour de 3 axes :

  1. L’impact de la pandémie sur l’activité de l’entreprise et le préservation de l’emploi;
  2. Les effets des dernières mesures prises par les pouvoir publics ainsi que les problèmes rencontrés avec les institutions et administrations financières;
  3. Les suggestions pour la sauvegarde de l’entreprise et du secteur du Numérique;
  4. Impact de la pandémie sur l’activité de l’entreprise et le maintien de l’emploi :

 a – Evaluation du niveau de pertes des entreprises

Pertes du Niveaux d’Activités du Chiffre d’affaires :

 

 Perte de (-10%) 0%
 Entre 10 et 25% 0%
 Entre 25 et 50% 8%
Entre 50 et 80% 58%
 Plus de 80% 34%

 N.B : Dans ce tableau, il est à remarquer que plus de 90% des entreprises ont essuyé des reculs de plus de 50% de leurs activités dont 34% d’entre elles dépassent les 80% de recul, alors que les centres de formation sont à 100% de recule, c’est-à-dire à l’arrêt.

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  1. b – La préservation de l’emploi
Gestion des effectifs et des salaires :
Licenciement 3%
chômage technique  
congé (reliquat actuel) 20%
télé travail 65%
travail sur site 12%
payement salaire 100%
payement salaire réduit 0
sans solde 0

N.B : Il y a lieu de noter que les 3% de licenciement correspondent à des non reconduction de la période d’essai, tout comme il importe nous de remarquer que malgré la pandémie et la baisse des activités, les salaires ont été maintenusen intégralité alors que la part du télétravail dans le secteur du numériqueconcerne plus de 65% des effectifs. Seulement 20% ont été mis en congé. Enfin 12% des salariés ont été maintenus sur site pour nécessité de service, tel que la maintenance sur site, gardiennage, administration…. Toutefois, les salaires ne pourront être assurés au-delà du mois de mai.

 2) Les effets des dernières mesures prisent par les pouvoir publiques ainsi que les problèmes rencontrés avec les institution et administrations financières

 a -Impact des mesures d’ordre fiscales et parafiscales sur les entreprises :

Versements des impôts et charges sociales : oui non
IMPOT : – Avez-vous bénéficié du report des versements fiscaux ?, 67% 33%
CNAS/CASNOS : – Avez-vous bénéficié du report des versements des Ch. Sociale 42% 58%

N.B :Pour les 33%d’entreprises n’ayant pas bénéficié du report, il y a lieu de souligner l’existence de deux catégories celles qui n’en ont pas bénéficié carrelevant de la DGE, et celles deuxième catégorie qui estiment qu’en l’absence d’un échéancier étalé sur un an sans pénalités ni intérêt accompagné d’une période de grâce de 3 à 6 mois, ne sont pas des mesures avantageuses. Elles affirment que s’acquitter d’une seule traitele différé de 3 mois ne fera qu’obérer la trésorerie des entreprises d’autant plus qu’aucun regain d’activités n’est prévu à court et moyen terme. La même lecture peut être faite en ce qui concerne les charges sociales.

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  1. b impact des mesures bancaires :
oui non
S’il y’a lieu, avez-vous bénéficié d’un report (moratoire) pour le versement des échéances des crédits bancaires ? Si oui quelle sera la nouvelle échéance ? (date ou en mois) 67% 33%
Avez-vous demandé un nouveau crédit : Si oui, veuillez préciser à CT, MT et LT ?…  Les mêmes conditions applicables sur les crédits antérieurs ont été reconduites ? 67% 33%
Comment apprécierez-vous les délais de traitement de vos demandes et précisez s’il y’a de nouvelles exigences en matière de garanties, de mobilisation des crédits… long / frilosité long / frilosité
Comment jugeriez-vous le niveau de votre trésorerie à ce jour (15 avril) par rapport à vos besoins ? :
Suffisante – Faible – Trop faible
faible faible

N.B : Il est à signaler la non-visibilité et la non-clartéquant à l’application de la dernière note de la Banque d’Algérie et celle de l’ABEF sur les crédits. Cependant en ce qui concerne les intérêts, toutes les entreprises demande à en être exonérées ou bien d’en réduire le taux pour une durée de 6 mois ; les taux appliqués étant extrêmement onéreux.En ce qui concerne la trésorerie, le constat estque les problèmes de trésorerie sont exacerbés par : Lanon-disponibilité ou les lenteurs lors de la mobilisation des crédits bancaires, les retards de payement, la note la banque d’Algerie N°5 du 25/10/2017 de préfinancer les importations à hauteur de 120% ce qui permet surtout le préfinancementdes banques, les difficultés de payement des fournisseurs de logiciels afin d’assurer une rotation de la chaine de distribution et notamment dans le contexte actuel,les logiciels de cyber sécurité.

Il importe de rappeler que toute solution de transformation numérique de bout en bout est généralement tributaire de multiple intrants de produits importés (logiciels et matériels) ; l’importation de ces produits technologiques demeurant indispensable et vitale (l’absence d’un produit dans une solution objet d’un contrat affecte lourdement les projets en hypothéquant leur livraisonet impacte de ce fait la trésorerie.

  1. c – Mesures concernant les marchés publics :

En ce qui concerne l’instruction de monsieur le Premier Ministre, il y’a lieu de noter que les préoccupations sont communes à tous les secteurs à savoir : Position des clients pas connue Retards des payements, Lenteur de traitement des dossiers,Retards dans leslivraisons pour non-accès aux sites, Absence de visibilité, Déficit enréactivité pour manque d’effectifs, Absence de directives sur l’élargissement du champs d’application de cette instruction aux entreprises publiques telles que SONATRACH , SONELGAZ qui disposent de mode spécifique de passation de leurs marchés,Non-délivrance des autorisations de circulations des personnels en charge de la maintenances des Datacenter et autres installations informatiques.

De plus, il est à signaler la lenteur dans le traitement de traitement des produits soumis à homologation (wifi, routeur téléphonie IP…..) ainsi que le traitement des dossiers relatifs aux produits dits sensibles au niveau de l’ARPCE et le MPTIC. Cette lenteur affecte énormément le développement du secteur numérique et impacte lourdement les clients dans leurs stratégies de transformations digitales.

  1. d- Commerce extérieur : (problèmes rencontrés)

La quasi-totalité des intrants sont importés. La rupture dans la chaine d’approvisionnement peut être fatale pour les professionnels du numérique et pour notre économie. En effet, le défaut de paiement des fournisseurs déclenche souvent cette rupture et surtout quand le fournisseur est en situation de monopole dominat type Microsoft, IBM.

Il en ressort le constat suivant :

  • Problème de domiciliation bancaire, lenteurs de traitement bancaire ; les services des impôts ne traitent plus les demandes de domiciliation voire très peu,
  • Impact de la perte de change estimé à plus de 7% à ce jour ajouté à l’absence d’assurance de risque de change ou de fond de compensation pour les entreprises impactées par le risque de change
  • Ledélai de traitement des autorisations des produits sensibles et autres homologations au niveau de l’ARPCE et le MPTIC est très long,
  • La note la banque d’Algerie N°5 du 25/10/2017 de préfinancer nos importations à hauteur de 120% ce qui affaiblie latrésorerie des entreprises et finance les banques
  • la bureaucratisation des autorisations pour le commerce extérieur sur le logiciel,
    • Pre-domiciliation bancaire (BANQUE)
    • Taxe de domiciliation(INSPECTION ET RECETTE)
    • Liquidationde l’IBS et de la TVA à la source (affecte la trésorerie) ce qui ramèneà payer plus de 40 % du montant à l’avance (RECETTE)
    • Autorisation de transfert par la DOF (DGI)
    • Autorisation de la BA pour le transfert (BANQUE D’ALGERIE).
  1. Les suggestions pour la sauvegarde de l’entreprise et du secteur du Numérique.

2.a- Mesures préventives et d’urgence :

A/ Gestion du temps de travail, télétravail et gestion des congés :

  1. Formaliser le travail partiel tournant afin de permettre à la fois la distanciation sociale (réduction de l’effectif sur site) et l’emploi partiel de l’ensemble de l’effectif (par groupe alterné jour par jour ou semaine par semaine).
  2. Revoir les durées de travail hebdomadaire et journalier.
  3. Mettre en œuvre, sans conditions, les dispositions sur le travail partiel et fixer de nouvelles règles (minimum, rémunération…)
  4. Télétravail : prévoir un ancrage juridique au télétravail,
  5. légiférer sur cette forme d’organisation du travail (par ordonnance ou par décret) afin de l’intégrer dans les contrats de travail
  6. Encourager le télétravail par l’amélioration du haut débit et la réduction des coûts

2/ Gestion des congés :

  1. Préciser davantage, au plan juridique, la notion de congé exceptionnel ;
  2. Autoriser l’employeur à imposer un congé exceptionnel limité à une semaine après concertation avec le partenaire social et une rémunération en rapport ;
  3. Jusqu’à présent les entreprises ont puisé dans les congés annuels (reliquats et anticipation sur congé 2020), Mais en cas de persistance du confinement et épuisement des jours de congé, que faut-il faire ? Le Forum propose, dans un souci de garantir un revenu à chaque salarié, de verser un salaire amputé des primes et indemnités mais avec une contribution de l’Etat à raison de 50% de ce salaire ;

3/ Charges sociales :

  1. Report des échéances de paiement à fin septembre 2020 ;
  2. Echéancier ou réduction des taux au titre des charges sociales pour le trimestre de confinement extensible sur un second trimestre afin de soulager la trésorerie des entreprises ;
  3. Exonération des charges sociales et IRG pour les entreprises qui versent des salaires même en-sous activité ou à l’arrêt.
  4. Réduction des charges sociales proportionnellement au niveau d’activité si la rémunération continue à être versée au salariés ;
  5. Prise en charge tripartite des salaires sur les 03 mois que couvrent cette crise, nous préconisons une prise en charge équitable entre l’Etat, l’employeur et le salarié, un mois à la charge de chaque partie ;
  6. Réduction ou défiscalisation des salaires ainsi que l’exemption des charges socialespour la période de confinement pour les salariés en télétravail.
  7. Mise en placed’un dispositif d’indemnités et/ou de subventions directes aux entreprises les plus affectées, notamment les PME/TPE et les travailleurs indépendants avec un versement d’une aide immédiate aux entreprises les plus touchées.

 

  1. Accompagnement aux entreprises en termes de trésorerie, facilités de caisses pour assurer les charges arrivées à échéance.
  2. Prise en charges des primes d’assurances.
  3. prévoir des mesures en faveur des profession libérale (Notaire – Avocat – CAC_CA), en plus du changement du régime fiscal imposé par LF2020, l’arrêt d’activité, nul revenu ces deux dernier mois, les professions libérales rencontrent  des difficultés à assurer les salaires des employés en plus des charges qui ne sont au final que reporté dans le temps.

 

4/ Chômage partiel, licenciement et dispositif CNAC :

  1. Légiférer en urgence afind’instaurer une flexibilité dans le domaine du temps du travail, mode de rémunération, la rupture de la relation de et l’introduction du chômage partiel.
  2. Prévoir un ancrage juridique au chômage technique.
  3. Revoir le dispositif juridique encadrant le statut et l’activité de la CNAC.
  4. Simplifier les procédures de mise en œuvre du dispositif CNAC pour le chômage partiel lorsque l’activité de l’entreprise est lourdement affectée par la crise sanitaire (confinement administratif, suppression des transports publics, diminution de l’amplitude de la journée de travail, difficultés d’approvisionnement etc.)

5/ Accompagnement et assistance de l’administration :

  1. Impliquer d’avantage les services de l’inspection du travail pour assister et soutenir les entreprises qui ont engagé des plans sociaux.
  2. Assouplir les actions de contrôles au moins pour les six mois à venir.
  3. Créer une commission de veille sociale, composée du patronat, le partenaire social et lesservices du ministère du travail, pour le suivi du climat social.
  4. Surseoir aux actions de poursuites administratives et judiciaires des entreprises connaissant des difficultés de trésoreries (retard de paiement de salaires, charges fiscales et parafiscales)
  5. Apporter un soutien moral et psychologique aux managers et aux salariés pour éviter les risques psychosociaux par la mise en place de cellules d’aide psychologique disponibles via des hotlines, et la mise en place de plateformes d’entraide sociale
  6. engager des concertations avec les organisations professionnelles pour la promulgation du projet du code de travail (arrêter les modalités de mise en œuvre et les échéances pour sa promulgation).

 3.b- Mesures en direction du secteur du numérique :

– La filière du Numérique : son identification et sa classification (grossiste, intégrateur, consulting, développeur de logiciel…) et l’affilier a une tutelle ministérielle

– Le statut particulier des acteurs du numérique : bénéficiant d’avantage fiscaux et parafiscaux, de subvention pour les spécialités stratégiques ou toute autre facilitation afin d’encourager les investissements dans ce secteur, l’octroi de couloir vert au niveau des douanes et services fiscaux avec bien entendu des contrôles a posteriori.  La nomenclature des codes du registre de commerce et l’élargir a des métiers spécifiques non généraliste : exemple société de cyber sécurité, science de la donnée, société d’infrastructure datacenter, de développement de logiciel, de distributeur a valeur ajoutée

– L’émergence des champions (secteur privé ou public) dans le domaine du numérique et en faire un axe stratégique pour la sécurité numériques et l’export, en établissant un cahier des charges tout en assurant un plan de charge qui permet ce retour sur investissement.

– Développer les activités de développement de logiciel et l’encouragement de l’utilisation des logiciels libres (Open source) comme une alternative de la voix numérique indépendante dite la troisième voix numérique ! ce qui permettra de lancer une véritable industrie de Logiciel en Algérie.

– Mise ne place d’un fond spécial pour le financement des entreprises dans le cadre de leurs activités d’exploitation et d’investissement afin d’assurer leur croissance.

– Le développement d’activités numériques spécialisées  a très forte valeur ajoutée qui nécessitent un capital humain qualifié, de l’innovation et le développement de logiciel, soit à travers un programme spécifique soit à travers le programme startup  (à noter que certaines activités très importantes mais pas forcément rentable nécessitent des subventions ou des aides financières)  tel que :

  • Le développement du traitement et de la structuration des données de Masse « Big DATA », ainsi que leurs analyses « Analytics », les block-chaines, data-scientiste …
  • Le développement d’activité qui s’oriente vers les nouvelles technologies dédiées aux secteurs d’activités économique tel que l’agritech, la fintech, tech-santé, tech tourisme, indutrie4.0 ………

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