Epilogue du carnet de campagne : l’heure des bilan

tebboune

Les cinq candidats peuvent dire ouf, tant cette campagne aura été harassante, difficile, opérée dans un terrain miné par ce que Trump appelle aux Etats Unis, « the deep state ».

Au final, les candidats sauront le jour du scrutin, s’ils ont été convaincants, honnêtes avec leurs partisans, corrects avec les citoyens, de manière générale. Mais au moins, ils se sont jetés dans le bain, se sont battus becs et ongles jusqu’à la fin de la campagne.

Toutefois, certains n’ont pas connu les infortunes des autres, et certains ont cumulé des points sans perdre du crédit chemin faisant, tant il est vrai, comme on l’a dit, les choses n’étaient simples pour personnes, surtout pas pour  ceux qui se levaient chaque jour et se préparaient à aller à la rencontre d’une  population encore réticente, mais qui ne demande qu’à être convaincue.

Tebboune et Mihoubi auront profité d’une campagne houleuse durant laquelle ils ont au moins tiré leur épingle du jeu ; Tebboune s’en sort avec des meetings qui ont mobilisé de grandes affluences, ayant notamment bousculé la Kabylie par ses appels à la cohésion et à la solidarité nationale autour d’un projet commun. Cela avait au moins le mérite d’agir en pleine zone de turbulences, ce qui n’est pas rien par les temps qui courent.

Mihoubi, hormis ses meetings ininterrompus, parfois deux par jour, s’en sort avec deux « bonus » : la réception d’un cartel de diplomates européens, et ce n’est pas rien pour un candidat qui a su séduire par son langage ni totalement élitiste ni complètement  populiste.

Son second bonus est celui de l’appui inespéré et de dernière minute du FLN ; en ce sens que des consignes de vote pour Mihoubi ont été données par la direction intérimaire du vieux parti. Ainsi, avec l’appui des deux plus grands partis sur l’échiquier politique algérien, leur poids dans le Parlement et leurs réseaux dans toutes les wilayas, autant dire que Mihoubi a bel et bien une longueur d’avance sur ses poursuivants.
Pour les autres, ce fut des hauts et des bas ; avec un Benflis qui se réclame lui aussi de l’appui du FLN, mais qui a force de s’autoproclamer candidat du hirak a créé du flou artistique autour de son personnage, et au final cela peut s’avérer contreproductif.

Bélaïd Abdelaziz a été honnête durant toute cette campagne, engrangeant des points précieux au sud, qu’il a sillonné plus que les autres.

Pour Bengrina, ce fut plus des bas que des hauts, avec notamment des prises de bec avec des jeunes dans plusieurs de ses meetings, ce qui l’a énervé et poussé à proférer souvent des expressions qu’il aurait dû garder pour lui-même, tant il est vrai qu’en homme politique, et de surcroit, « futur président des Algériens », comme il se définissait lui-même, il devait garder une certaine altitude et ne jamais faire du rase-motte.