EPH Thenia: les dialysés en mode de sécurité accrue

dialyse

Par Wahab

Face à l’épidémie du coronavirus Covid-19, le service du Dr Mekhlouf  Louni  qui abrite l’unité d’hémodialyse, au niveau de l’EPH de  Thenia, redouble de vigilance pour protéger ses patients. Grâce, notamment, à une nouvelle organisation de circonstance stricte.

En ce deuxième jour de Ramadhan,  le service hémodialyses reçoit ses premiers patients selon un programme et des horaires strictes. Depuis plus de vingt  ans qu’il dirige le service de néphrologie et dialyse de l’EPH de Thenia, l’un des plus anciens centre d’accueil d’Algérie, le docteur Louni   reste très proche de ses patients, certains le considère comme un membre  de leur famille.

En pleine épidémie de Covid-19, le service aménagé avec une chambre isoloir pour les dialysés reçoit quatre hémodialysés par jour, sans parler des cas d’urgence qu’il faut prendre en charge. Dans son bureau entre des tournées au niveau de la salle, le docteur avoue « On est inquiet pour eux. Ils peuvent être assez fatigués. Les personnes sous dialyse cumulent les facteurs de risque : insuffisances rénale, vasculaire, cardiaque, par rapport à leur système de défense, l’immunodépression les expose de façon accrue aux maladies infectieuses comme le Covid-19. » 

Soumis trois fois  par semaine, à des séances de dialyse de près de quatre heures indispensables  à  leur  survie, ces  patients  risquent  « sérieusement »  la  contamination  par le  Covid-19 à chaque  déplacement malgré toutes les précautions  sanitaires   ,le risque de contamination est toujours présents  « Il n y’a pas de risque zéro » A l’étage un patient ,55 ans  l’air fatigué « En plus de mon état de santé, ce qui me stress le plus c’est ce coronavirus  ,sinon mon état de santé je le gère depuis une dizaine d’année  pour chaque séance d’hémodialyse, je dois me prêter à ce  rituel contraignant et fatigant,  avec la   fistule artéro-veineuse ».

Brancher à un générateur de dialyse pendant  quatre  heures  pour filtrer le  sang ,le malade sort éreinté de ces séances. Des dialysés durant ce mois sacré se déplace dés l’aurore vers les centres d’hémodialyses, avec l’obligation   d’observer de  façon  stricte   et  régulière  les  gestes  barrière de  protection, devenus basique depuis l’apparition de cette pandémie.« Toutes  les dispositions  d’aseptisation avant et  après chaque séance de dialyse les générateur ,les  lits  et  même les portes et couloirs du service sont aseptisés   afin d’éviter  le pire à cette franges  fragile  »Révèle une infirmière du service.

2000 nouveau cas par an

Le nombre de malades souffrant d’insuffisance rénale chronique est en nette progression d’année en année.  Par définition, cette pathologie, aux conséquences lourdes, est traitée soit par l’hémodialyse, soit par dialyse péritonéale, soit par la transplantation rénale. Deux millions d’Algériens ont un problème rénal chronique, soit 10% de la population adulte âgée de plus de 18 ans.

Pas moins de 2 000 nouveaux cas sont traités chaque année. Le thème de la dernière journée mondiale du rein dans le monde pour l’année 2020 est de prodiguer des soins aux personnes atteintes de maladie rénale «pour tous et partout» (Journée  célébrée depuis 2006  le deuxième jeudi du mois de mars de chaque année ). Pour le Dr Louni « Cet objectif est atteint en Algérie où toutes les personnes peuvent être considérées comme ayant accès gratuitement aux techniques de dialyse » Plus de 26 000 insuffisants rénaux chroniques suivent des séances d’hémodialyse à travers 400 centres d’hémodialyse ouverts dans le secteur public et privé. Rassurant le Docteur  avance que par le monde une personne sur dix présente une insuffisance rénale à un stade ou à un autre. Il ne faudrait, bien entendu,  pas s’alarmer, mais plutôt prendre les précautions nécessaires pour le savoir le plus tôt possible en consultant son médecin traitant. 

Le constat  amer relevé par le  néphrologue est l’absence d’une carte sanitaire de l’hémodialyse ce qui altère souvent l’implantation de centres de traitements et de prise en charge .Aujourd’hui plusieurs structures se trouvent implantées dans un même secteur géographique au moment certaines zones dites de ‘l’ombre’ ne sont pas couvertes donc il est plus qu’urgent de mettre en place   une plateforme numérique national des patients insuffisants rénaux et  des structures et du matériel déployés à travers le pays pour une évaluation saine des besoins, des moyens et des projets à entreprendre grâce espère Mekhlouf Louni  par  la création de l’agence nationale de la sécurité sanitaire qui aura pour mission la restructuration totale du système national de santé comme annoncé par le président Tebboune lors de sa visite à Blida au personnel soignant.

«  Avec 3000 transplantations rénales  seulement » regrettent  les spécialistes, la structuration du système de santé sera  l’occasion pour la mise en place d’un plan national greffe comme espérés depuis toujours par les néphrologues,  pour l’amélioration des résultats de la transplantation à partir de donneurs vivants et placer des préalables pour le donneur cadavérique.

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