En Inde, la chute des prix du solaire n’est pas qu’une bonne nouvelle

Des prix d’énergie solaire bas auraient dû constituer une aubaine pour l’Inde, qui veut réduire sa dépendance au très polluant charbon, mais leurs niveaux ont tant dégringolé qu’ils menacent désormais l’investissement.

« Les prix sont trop descendus, trop tôt et ça ne présage rien de bon pour la santé générale du secteur », constate Vinay Rustagi, directeur du cabinet de conseil en énergies renouvelables Bridge to India.

Troisième pollueur de la planète, avec 4% des émissions, l’Inde est engagée dans un vaste effort de développement des énergies renouvelables. New Delhi a promis à la COP21 de réduire l’intensité carbone de son PIB de 35% d’ici 2030 par rapport à 2005.

Pour compenser la dépendance du pays au charbon, le gouvernement du nationaliste hindou Narendra Modi mise sur l’énergie solaire. Il s’est fixé le très ambitieux objectif de porter sa production solaire à 100 gigawatts en 2022, soit une multiplication par plus de huit de ses capacités actuelles.

Jusqu’ici, le solaire avance à la vitesse de la lumière. En moins d’un an, entre mars 2016 et mars 2017, l’Inde a presque doublé sa capacité photovoltaïque.

Mais la baisse des coûts des panneaux solaires, un financement moins cher et une concurrence agressive ont fait lourdement chuter les prix du solaire et envoyé une onde de choc dans le secteur. Les fournisseurs d’électricité sont soumis à une intense pression de leurs clients, privés comme publics, à se calquer sur les nouveaux tarifs.

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