Dossier: la guerre des boissons en Algérie

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Avec une consommation estimée en 2015 à 62 litre/habitant/an, soit un volume global commercialisé de près de 24 millions de litres, la filière boissons se positionne comme l’une des plus importantes du secteur agroalimentaire. Elle compte des centaines d’entreprises, petites pour la plupart, même si elles ont tendance à disparaître, le marché étant en train de se concentrer aux mains d’une dizaine d’opérateurs dont les deux multinationales Pepsi et Coca Cola.

Cette industrie en perpétuelle expansion –19 litre/habitant/an en 1995, 33 litre/habitant/an en 2005–, s’est alourdie dernièrement avec l’interdiction d’importation des arômes, poussant les producteurs à baisser le rythme de production avant que le gouvernement ne revienne sur sa décision. La révision de la liste des produits concernés par les mesures de sauvegarde décrétée pour protéger la production locale a ainsi réconforté plus d’un fabricant de boissons, ceux jaloux de leurs secrets de fabrication notamment à l’image de Hamoud Boualem lequel s’approvisionne pratiquement chez les mêmes fournisseurs d’arômes depuis qu’il existe.

Or, cette industrie pêche aussi par l’utilisation abusive du sucre comme additif. Décriée par les associations de protection des consommateurs, la forte teneur du sucre dans les boissons fabriquées en Algérie et en l’absence de normes fixant des limites à cet additif comme en Europe ou aux Etats-Unis, tarde à être régulée. Il y a deux ans, le gouvernement a annoncé qu’un décret devant la réguler était en préparation mais, il n’a toujours pas vu le jour. Certains producteurs ont essayé de la réduire pour quelques-uns de leurs produits pour pouvoir les exporter, la norme européenne par exemple, limitant la teneur du sucre à 100 grammes/litre.

Il convient ainsi de souligner qu’elle oscille en Algérie, selon les produits, entre 120 et 150 grammes/litre. Ce qui fait que la filière consomme –compte tenu du volume des boissons écoulés sur le marché–, environ 300000 tonnes de sucre par an, soit près de 10% du sucre commercialisés en Algérie. C’est une filière qui pèse plusieurs centaines de milliards de dinars et plusieurs dizaines de milliers d’emplois.

Nous présentons dans ce dossier, à paraître dès dimanche, son évolution à travers les plus importants producteurs : Hamoud Boualem, N’gaous, Coca-Cola, Pepsi, Ifri, Rouiba, Ramy, Bifa et d’autres petites marques qui n’arrivent pas décoller.

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