Dix sept ans après le séisme de Boumerdes: les séquelles n’ont pas disparu

seisme de boumerdes
Par Wahab.
Dix ans sept déjà, c’était un Mercredi jour de match de coupe d’Europe ce  21 mai 2003, à 19h44, la terre tremble violemment, le chaos s’abattait sur l’Algérois. Un séisme de magnitude 6,8 sur l’échelle de Richter ébranlait le nord du pays. La secousse tellurique, dont l’épicentre avait été localisé en mer, à 7 km des côtes de Zemmouri, avait été ressentie dans tout le centre du pays.
A l’origine, une faille jusque là méconnue et qui s’étend entre Dellys et Ain Taya sur une longueur de près de 50 Km.La région la plus touchée par ce séisme  Boumerdes . Des dégâts considérables sont aussi  enregistrés dans la wilaya d’Alger et, à un degré moindre, à Tizi Ouzou.
Même si la magnitude enregistrée est jugée par certains «modérée», reste que le bilan des pertes humaines est considérable : 2278 morts, plus de 10 000 blessés et plus de 15 000 sans abri seront enregistrés. Boumerdes, est déclaré zone sinistrée, 23 communes sur 32 nécessitent aides et assistance.
Les dégâts matériels ont été  estimés à plus de 3 milliards de dollars.Plus de 180 000 sinistrés recensés des dizaines  de milliers de logements détruits ,d’autres classés rouge  et orange 4 par les services du CTC seront démolis pour éviter les effondrements et d’autres victimes, des  répliques se compteront par milliers durant toute l’année qui suivra , certaines d’entre elles allant jusqu’à une magnitude de près de 6.Dix sept ans après la catastrophe , la vie a repris ses droits à Boumerdes.
Mais  la plaie ne semble pas encore cicatrisée. Les douleurs sont toujours vivaces et l’émotion est la même pour ceux qui ont vécu cette tragédie. Halim taxieur de son état aujourd’hui a vécu cette soirée chez ses parents résidents de Thenia, vient de bénéficier d’un logement à la cité ‘El Louz’ après plus de 16 ans dans un chalet et un passage sous la tente  «Cela passe tellement vite. Pour moi, c’était hier, le bruit, la panique la fuite  ce sont des minutes qui sont gravés dans ma mémoire, aussi précises que confuses» « ces de moments que je ne souhaiterais jamais revivre » Mon fils Tarek né dans un chalet  fête ses 15 ans ,c’est toute une vie. Dehors l’ampleur de la catastrophe  se précise

Des scènes horribles

Les Abdelmoumene ont perdus père, mère et sœurs ,six membres en tout gisaient sous les décombres, les deux blocs de la cité HLM  ne sont qu’un tas de béton et de ferraille ,en tout 101 victimes sont retirés de sous les décombres . C’était la première fois que l’on voyait autant de morts, des scènes horribles à voir, des scènes choquantes, frappantes, indélébiles, des milliers de morts, des handicapés à vie, des familles traumatisées.
La blessure est tellement profonde, la douleur et le souvenir de la catastrophe sont ravivés à chaque instant, Thenia ,Dellys ;Bordj Menaiel ;autres villes meurtries  n’oublieront  pas de sitôt «Tous ceux qui ont vécu cette catastrophe garderont en eux la folie et la douleur de cette journée» Dira Tonkin Abdelkrim ,ancien footballeur de la JSBM et  ex international .
«Bordj Menaiel est  une petite ville, où tout le monde connaissait tout le monde. Chacun de nous a perdu des amis proches, des voisins, des collègues, des personnes avec lesquelles vous avez partagé des choses, des connaissances», ajoute Tonkin , aujourd’hui DTW  la voix brisée par un sanglot. Brahim Ramdani  l’entraineur  de l’USMHarrach a été touchée de plein fouet par cette tragédie il a perdu son  épouse, son gendre sa fille et son petit enfant.C’est donc au quotidien que se vivent les «commémorations» du séisme.
Dix sept ans après  chacun garde en lui  la même empreinte le son des sirènes, le chaos et  l’annonce des décès d’un tel, de l’effondrement de tel bâtisse, d’une autre personne qui a pu être sortie.

5200 Familles toujours dans les chalets.

Le taux d’éradication des chalets, à Boumerdès, était de prés de 70%, à la fin 2019 selon le wali de Boumerdes Mr Yahia Yahiatene .Intervenant sur les ondes de Radio Boumerdes le premier magistrat de la wilaya précise  que ce taux d’éradication « représente 9.700 chalets sur un total de 14.917 unités installées au niveau de 94 sites, à travers 28 communes de la wilaya au lendemain du séisme ». Les chalets restants, au nombre de 5200, à travers 18 communes « seront démolis progressivement selon un calendrier qui sera dicté par l’état d’avancement des travaux de réalisation des projets de logements dans la wilaya, après dépassement de la pandémie », a-t-il souligné, en outre.

Les familles seront relogées au niveau des sites de Zemmouri et de Boudouaou avec la réception de 6000 unités sur un ensemble de 9000 unités attendues.

Le programme d’éradication entamé, à la fin décembre 2016, est gelé. Toutes les opérations de démolition des chalets et de relogement de leurs résidants se trouvent en stand by depuis le début de mise en œuvre des mesures préventives, contre la propagation du coronavirus .Rappelant  que la dernière opération de relogement entamée en 2016  a été réalisée le 9 juin 2019, au profit de 1040 familles de Boudouaou.

L’éradication de ces chalets a permis le relogement d’une population globale de prés de 40.000 âmes, avec une moyenne de cinq membres par famille et par logement, à travers 19 communes.

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