Discours de Tebboune : ce qu’il faut retenir…

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A l’occasion de la prestation de serment qu’il a faite aujourd’hui, 19 décembre, le nouveau président de la République algérienne démocratique et populaire, Abdelmadjid Tebboune, a déroulé les grandes lignes de sa politique nationale et étrangère, de sa vision politique et économique et de ses intentions concernant la société, les médias, les sports, etc.

La légitimité retrouvée

Le premier point d’ordre qu’il faut garder en mémoire, c’est que par son plébiscite et sa prestation de serment, Tebboune a signé un acte de rétablissement de la légitimité constitutionnelle, ce qui ouvre au président élu les perspectives de désamorcer la crise, de prendre langue avec les divers acteurs en « ès qualité », ainsi que d’ouvrir les chantiers de la « Nouvelle République » relatifs à la satisfaction des revendications du peuple.

Dépasser la conjoncture

Esquissant les grandes lignes du programme qu’il compte mettre en œuvre sans délai, eu égard à la « sensibilité » de la conjoncture, Tebboune a estimé que pour  relever les défis qui se posent, il était nécessaire de dépasser la situation actuelle, relevant, à cet égard, que la confiance du peuple en les institutions de l’Etat devait être rétablie.

Lutte implacable contre la corruption

La lutte implacable contre la corruption est loin d’être finie et figure en bonne place dans la « feuille de route » du nouveau président, qui promet de continuer la lutte « organisée » contre la corruption et l’esprit de distribution « anarchique » de la rente.

Prérogatives du Président, séparation des pouvoirs et droits de l’Homme

Rappelant ses engagements contractés durant la campagne électorale, le président de la République a mis l’accent sur un amendement de la Constitution dont les principaux contours porteront sur la limitation du renouvellement du mandat présidentiel à une seule fois, la réduction des prérogatives du Président pour prévenir les dérives autocratiques, la séparation et l’équilibre des pouvoirs et la consécration de la protection des droits de l’Homme, des libertés individuels, collectives, de la presse et de manifestation.

Relance de l’économie

Face à une économie en berne depuis une année, et une fausse économie installée depuis plusieurs années, Tebboune a adressé un appel « sincère » aux hommes d’affaires et aux chefs d’entreprises à investir « avec force » pour développer et diversifier l’économie, les assurant de son plein soutien.

Médias : moralisation et révision de la publicité

Concernant les médias, il a promis une aide de l’Etat et un accompagnement de la presse, de la liberté d’expression, mais a aussi egratiné cette mauvaise presse faite d’insultes, d’accusations infondées et de campagnes calomnieuses contre les personnes.

Maghreb arabe et Politique étrangère

Evoquant la politique étrangère, le président de la République a indiqué qu’elle  devait être en accord avec les intérêts de l’Algérie, qui développera des relations d’amitié et de coopération avec tous les pays avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques.

Sur le conflit du Sahara occidental, M. Tebboune a affirmé qu’il s’agissait d’une question de décolonisation prise en charge par l’Organisation des Nations unies, insistant sur la nécessité pour les pays du Maghreb de développer leurs relations de coopération et d’intégration.

Abordant la situation en Libye, il a soutenu que l’Algérie, « attachée » à la stabilité de ce pays, n’acceptera pas d’être tenue à l’écart du processus de règlement.

Le Président a parlé…

Répondant en écho à un ancien souhait populaire, qui remplaçait depuis le début du hirak « Fakhamatouhou » par « Fakhamatou ech’chaâb », Tebboune, à la fin de son discours et consacrant une nouvelle ère, a demandé à ce que, protocolairement, sa fonction ne soit plus associée au qualificatif « Fakhamatouhou » (Son Excellence), par lequel était désigné l’ancien président, mais qu’il soit simplement appelé « Monsieur le Président ».

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