Dialogue national : main tendue, mais…

abdelmadjid tebboune

L’appel du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à un dialogue national sans exclusif et sans préalables tarde à faire consensus. Si pour le principe, tout le monde est d’accord, hormis quelques partis connus pour leur oppositionnisme chronique, pour la forme, chacun y va de son petit épice et pose ses conditions, comme si les tenaient qu’à sa participation pour démarrer. abdelmadjid tebboune
Le Msp a été un des premiers à dire oui, sans entrer dans des préalables qui ne veulent rien dire, puisque le dialogue lui-même est initié pour baliser les débats et définir les objectifs ; Djaballah, comme à son habitude, est partant mais…c’est-à-dire à conditions. Lesquelles ? « Le dialogue doit aborder des questions qui répondent aux aspirations et aux demandes du peuple, et si ces conditions sont réunis le parti prendra part au dialogue », dit le FJD.
Zoubida Assoul, en tant que personnalité politique, parle d’un dialogue sérieux comme première condition, comme si le dialogue qui se dessine ne l’est pas, ou ne porte pas les empreintes du sérieux, alors qu’il n’a même pas été encore initié.  abdelmadjid tebboune
Le Fln, comme le Rnd, sont partants, sans conditions, et « sans voir », ce qui est aussi préjudiciables pour le dialogue que les réticences injustifiées, alors qu’une poignée d’autres petits partis posent des conditions parfois utopiques.
En réalité, les partis le savent, il n’y a rien qui justifie les réticences, mis à part une chose : personne ne sait comment va évoluer le hirak et quelles seront ces revendications à l’avenir. Aussi, pour garder ses cartes sous le coude, chacun s’emploie à se faire désirer, histoire de se ménager et de se laisser une marge de sécurité pour les lendemains que personne ne maîtrise.

Devant ce dialogue qui s’engage, et ce jeu de Monopoly de mauvaise facture, il est utile de rappeler quelques principes de bases, dans l’état actuel des choses. Primo, personne n’est en position de force qui lui permette de conditionner les débats. Il y a un président qui a été élu, avec un faible taux de participation certes, mais qui a été élu par un suffrage qui a vu la participation de 9 755 340 votants, ce qui n’est pas rien, loin s’en faut. Le taux de participation sur le territoire national a été 41.07%, alors que le taux global de participation a été de 39.88%.  8 510 415 suffrages ont été exprimés, et le candidat Tebboune Abdelmadjid a glané 4.947.523 de voix exprimées, soit  58,13%.  Ce sont là des statistiques officielles dont il faudrait tenir compte politiquement.  abdelmadjid tebboune
Secundo, il faudrait aussi reconnaître à Tebboune cette constante du dialogue, exprimée dans ses pérégrinations de campagne, mais exprimées surtout au lendemain de sa victoire. Il a tendu sa main à tous ceux qui voulaient aller avec lui vers un dialogue national pour une sortie de crise.

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Tertio, reste le hirak, qui demeure le seul partenaire social en mesure de poser ses préalables (et non pas les autres composantes du mouvement associatif ou de la classe politique) ; à celui-ci, Tebboune avait dit, au lendemain de l’annonce des résultats de la présidentielle du 12 décembre : « Je m’adresse directement au Hirak, que j’ai à maintes reprises qualifié de béni, pour lui tendre la main afin d’amorcer un dialogue sérieux au service de l’Algérie et seulement l’Algérie », tout en s’engageant à opérer une « profonde réforme » de la Constitution en associant les différents acteurs concernés.
Le mouvement de foule qui a fait chuté le système Bouteflika et permis les changements révolutionnaires au sein de la gouvernance de l’Algérie, celui-là doit encore être consulté ; les mesures d’apaisement engagées par Tebboune ont convaincu plus d’un ; reste à convaincre par d’autres mesures énergiques et immédiates les derniers réticents ; tous ceux-là méritent encore la consultation et la patiente d’un président pourtant en course contre la montre.
Toutefois, pour les autres, cette foultitude de micro-partis et de mouvements politiques ou associatifs qui se tiennent tapis derrière le hirak pour poser des conditions injustifiées ou pas  correctes, qui ont été complètement absents de l’échiquier politique et social, qui ont démontré leur incapacité à remplir une salle par les partisans, à ceux-là, il y a lieu d’imposer plus de rigueur.

Finie la récréation, rhabillez-vous, et que chacun se tienne debout devant une mesure toise pour évaluer à quelle hauteur il se tient. Il est vrai que la démocratie donne la parole à tous, mais que chacun use d’un minimum de pudeur et de correction pour tenir le langage politique et peser du poids qui est le sien propre…

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