Dakious et Makious: toute la lumière sur un casse planifié

dakious et makious

Le feuilleton Dakious et Makious continue d’apporter son lot de révélations, en dépit de l’incapacité de la chaîne Echourouk TV à l’acquérir, après que le principal sponsor a décidé d’abandonner l’opération.

Dakious et Makious est d’abord une question d’argent, avant qu’elle ne soit replacé dans son contexte moral qui porte atteinte à des personnalités algériennes, dont certaines sont en prison.

Selon les documents obtenus, cette pseudo fiction allait consommer des sommes faramineuses, dont la majeur partie était destinée au producteur turc, Anes.

Son budget est réparti comme suit:

50,34 millions de dinars algériens destinés à couvrir les salaires de l’équipe technique algérienne, composée de 14 éléments. Leur salaire moyen est de 60 mille dinars/semaine, à l’exception de l’ingénieur du son qui est rémunéré à hauteur de 190 mille dinars/semaine.

975.000 dinars au titre des défraiements des membres de l’équipe technique algérienne qui devaient percevoir une allocation hebdomadaire d’une valeur de 13.000 dinars, tout au long des 5 semaines de tournage.

127.000 dollars US pour l’équipe turque qui s’est taillée la part du lion dans la répartition du budget. Nous apprenons ainsi que le réalisateur, à lui seul, est rétribué forfaitairement à hauteur de 50.000 dollars . 10.800 USD sont également attribués au DOP alors que le reste de l’équipe (7 techniciens) devaient percevoir une rémunération forfaitaire de 6.000 dollars environ chacun.

Il faut noter que dans sa comptabilité, le producteur note qu’il a payé seulement 30.000 dollars sur le budget global de 127.000 dollars.

– Le coût de la production en Tunisie a été, quant à lui, évalué à 411.600 DTN, soit 141.322 dollars US. Ce budget couvre les frais de décors, de logistique, d’hébergement et billetterie, ainsi que la rémunération des comédiens tunisiens.

 Ennahar: le dindon de la farce

Il est notoirement connu que la fiction Dakious et Makious a été commandée initialement par la chaîne Ennahar TV, pour une diffusion programmée à l’occasion du mois de Ramadhan en cours.

Il était entendu aussi que le diffuseur algérien commence par payer, sur plusieurs tranches, les rémunérations des techniciens algériens et les cachets des comédiens locaux.

Dans le détail, le comédien Nabil Asli devait percevoir un cachet forfaitaire de 5,6 millions de dinars, loin devant ses partenaires Nassim Hadouche (4,9 millions de dinars), Adoulla (3,5 millions de dinars) et Lilia Bouyahiaoui (1,1 million de dinars).

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Les problèmes ont commencé avec le producteur dès le début du tournage. Il a sciemment dénaturé le scénario initial pour le focaliser sur un personnel politique algérien, stigmatisé dans un espace mafieux, sans morale et sans repère. Le général Toufik, Said Bouteflika et Issad Rebrab sont caricaturisés en démons dont le seul rempart est géhenne, alors que le perssonage de Pablo Escobar a été incrusté de force pour ternir à jamais l’image des acteurs politiques du pays.

Paradoxalement, le  « bon » (Boumendjel, en vogue lors du début du tournage) incarnait un personnage présentant beaucoup de similitudes avec l’ancien Directeur Général de la Sécurité Intérieure (DGSI), Ouassini Bouazza… Et dire qu’ils ont osé déclaré qu’ils ne faisaient pas de politique et que l’oeuvre est purement artistique….

Le second facteur de friction entre le producteur Anes et le diffuseur Anis Rahmani résidait dans le fait que le turc cherchait sans cesse un plan B, au cas où le patron d’Ennahar ne serait pas d’accord sur les modifications apportées au scénario initial.  Anes a ainsi commencé par contacter les responsables d’Echourouk TV, puis d’autres chaines algériennes.

Volt-face du producteur

Bien avant la fin du montage, Anis Rahmani d’Ennahar est placé sous mandat de dépôt. Le chemin est alors tout tracé pour placer le produit à Echourouk, qu’il va tenter de mettre en compétition avec El Hayet.

Mais, vu que le produit était trop cher et bien au-delà des budgets des chaines algériennes, le producteur s’est allié avec une agence de publicité, Allégorie qui s’est attelée à le placer auprès de Djezzy qui devait intervenir au titre de sponsor.

Sauf qu’à quelques jours du Ramadhan, le producteur ne voulait en aucun cas dévoiler le contenu de son œuvre. Il s’est contenté d’une promo de quelques minutes, qui ne pouvait rassurer les partenaires.

Devant les fuites, ici et là, sur le caractère explosif et ostentatoirement calomnieux du contenu de l’œuvre en question, Djezzy a aussitôt abandonné l’option du sponsoring. Pour sa part, Echourouk TV n’avait pas les moyens de s’acquitter de la facture dont le producteur exiger « Cash ». Tout est alors tombé à l’eau.

Nous allons, prochainement, assister à une bataille juridique entre le diffuseur Ennahar et l’arnaqueur turc pour le remboursement des sommes engagées dans cette production qui a été sciemment déviée de son contexte.

Entre-temps, il faut s’attendre à beaucoup de rebondissements.

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