Les « coups bas » français antialgériens continuent : Xerfi se met de la partie

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Alexandre Milicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision chez Xerfi, vient de publier une vidéo dans laquelle, sans avoir l’air d’y toucher, prévoit les pires cauchemars économiques pour l’Algérie. sonatrach
Alors que le pays vient de se remettre sur rails économiques et sur selle politique, Xerfi France donne le rôle Milicourtois pour dire toutes les difficultés de l’économie algérienne, « un pays en pleine tourmente politique depuis des mois » et que le nouveau Président Abdelmadjid Tebboune se dresse «face à un mur».

Alexandre Milicourtois dit sans sourciller, mais sans argumenter aussi, que l’économie algérienne en pleine «descente aux enfers» ; il pointe également du doigt le modèle économique de l’Algérie. Basées sur les exportations de gaz et de pétrole, dont l’Algérie est un producteur d’importance, les performances de ce dernier sont très dépendantes des fluctuations des cours des matières premières. Jusque-là, rien de bien consistant dans l’analyse et dans l’argumentation, comme on peut le constater.

Le directeur de la conjoncture et de la prévision chez Xerfi, autoproclamée « revue audiovisuelle de l’économie, la stratégie et du management» dit que Abdelmadjid Tebboune est aussi l’ancien Premier ministre de Bouteflika, ce qui provoque la colère de nombreux Algériens qui souhaitaient un réel changement de paradigme politique. Toujours rien de sérieux dans l’argumentation.

En plus de ces tensions sociopolitiques, l’économique algérienne va mal, notamment son secteur public, note Alexandre Milicourtois : «Les entreprises publiques qui génèrent encore près de la moitié de la valeur ajoutée industrielle sont moribondes. En 2018, le niveau de la production manufacturière publique représentait à peine plus de la moitié de celle de 1989, quant au taux d’utilisation des capacités de production, il montre une sous-utilisation structurelle des installations.»

Il rappelle également qu’en 2018, 29% des jeunes Algériens âgés de 16 à 24 ans étaient au chômage. Un chiffre deux fois plus important que celui de la moyenne nationale. Et d’après Alexandre Milicourtois, les chiffres pour 2019, pas encore connus, devraient montrer «une nette détérioration, d’après les déclarations alarmantes faites en novembre dernier par le président du Forum des chefs d’entreprise, la principale organisation patronale du pays».

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«En outre, sur les 1,5 million de chômeurs algériens, 408.000, soit quasiment 28%, sont diplômés de l’enseignement supérieur et 386.000 de la formation professionnelle, soit 26%. Plus d’un chômeur sur deux est donc diplômé», relève le directeur de la conjoncture et de la prévision chez Xerfi.

D’après l’analyse d’Alexandre Milicourtois, les difficultés dans le secteur public sont loin d’être rattrapées par un secteur privé «trop petit, qui peine à se développer» à cause du «poids de l’administration, de la corruption et du lobby des importateurs» qui «bloquent son développement»:

«Principalement présent dans les activités peu ouvertes à la concurrence internationale, le tissu productif privé est en fait composé à 90% de microentreprises à caractère familial qui opèrent bien souvent dans le secteur informel. Quant aux grandes sociétés privées, elles sont peu autonomes, le plus souvent liées à l’appareil politique et à l’armée, avec qui elles entretiennent des relations parfois douteuses. Le procès pour corruption de deux anciens Premiers ministres, de plusieurs ministres et hommes d’affaires emblématiques montre à quel le système est gangrené de l’intérieur.»

«Tant que la rente pétrolière et gazière permettait d’acheter la paix sociale à coups de subventions, dit-il, tout le système tenait. Mais c’est un système construit sur la seule performance du secteur des hydrocarbures, donc de leurs cours. Il suffit donc que les prix du Brent –pris comme proxy de l’ensemble des prix internationaux des hydrocarbures– chutent, pour que le solde courant vire au rouge.Or, les cours ont commencé à dévisser en 2014, année où il sont passés de près de 110 dollars en janvier à 60 en décembre. 2014, année où le solde courant algérien a entamé sa descente aux enfers. 2014-2019, ce sont donc six années de plomb –du jamais vu depuis le début des années 80– et 2020 ne s’annonce pas mieux. À ce rythme-là, les réserves de changes s’épuisent très vite, passant de 194 milliards de dollars en 2013 (soit l’équivalent de trois années et demie d’importations) à moins de 80 en 2018 (soit moins de deux années d’imports)», explique le directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi.

Au final, note Milicourtois, « l’Algérie fait donc face à un problème de taille. Et la colère de la rue n’est pas prête de s’apaiser ; à cette vitesse, les caisses seront rapidement vides. Or les réserves de change sont vitales pour un pays dont la monnaie n’est pas convertible et dont l’accès au marché international des capitaux est limité ou inexistant. C’est donc un véritable mur qui se dresse devant le nouveau président, l’économie est en totale décompensation et l’argent du pétrole n’achète plus la paix sociale ».

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On a préféré donner presque l’intégralité de l’analyse pour lui laisser la parole libre, mais comme on le voit, rien, mais vraiment rien de sérieux, rien de consistant qui aurait constitué un éclairage économique. Que des apriorismes politiques, des redites et des rabâchages de la presse française.

Il aurait été utile de dire que la prédation qui a marqué l’Algérie depuis une vingtaine d’années a été, dans une très large mesure, l’œuvre des hommes d’affaires français, qui ont phagocyté les circuits porteurs et bénéficié de toute la complaisance et la connivence de l’ancien système ; cela est un sujet sérieux, qu’il ne faudrait certainement pas éluder ; tout comme celui de dire qu’au temps de Bouchouareb, la France a bénéficié d’un traitement non pas préférentiel, mais carrément hégémonique, faisant grincer des dents les chancelleries occidentales elles-mêmes, lassés de voir tous les contrats commerciaux, tous les marchés économiques importants glisser dans l’escarcelle de la France, exclusivement…

Xerfi se présente comme un institut d’études privé, spécialisé dans l’analyse économique sectorielle en France (Xerfi France) et à l’international (Xerfi Global), l’analyse concurrentielle (Xerfi Precepta), la macro-économique et la conjoncture (Xerfi Previsis), les études ad’hoc (Xerfi MCI), les enquêtes de conjoncture et les prévisions professionnelles (I+C)1. Éditeur d’études électroniques, il réalise plusieurs centaines d’analyses chaque année, assurant la couverture exhaustive de tous les secteurs. Xerfi dispose de ses propres bureaux d’études, à Paris et à Lyon, et d’un centre d’enquête à Nanterre. C’est aujourd’hui le premier institut d’études économique privé en France.