Coton: les prix dopés par les pluies d’Harvey et la fraîcheur des températures

Le passage de l’ouragan Harvey au Texas puis en Louisiane et l’anticipation de températures fraîches aux Etats-Unis au cours des prochains jours ont fait grimper les cours du coton à New York cette semaine.

« La récolte américaine fait face à des conditions météorologiques difficiles qui créent beaucoup d’incertitudes sur sa taille et sa qualité », remarquent les analystes de Plexus Cotton.

Les pertes liées au passage de l’ouragan Harvey, qui a atteint le Texas vendredi, a été rétrogradé en tempête tropicale samedi, et est arrivé mercredi en Louisiane, « sont estimées à environ 500.000 balles », estiment-ils.

La qualité de « quelques centaines de milliers de balles dans le sud du Texas et en Louisiane » a aussi été affectée.

La tempête se déplace actuellement le long du fleuve Mississippi, « déversant des précipitations importantes sur les champs (de coton) plus au nord, ce qui pourrait conduire des capsules de coton à pourrir », préviennent-ils.

Les températures sous les normales saisonnières qui dominent actuellement sur la moitié est du pays « alimentent les inquiétudes sur la maturité » du coton, le manque de chaleur pouvant affecter la finesse, la solidité ou la longueur de la fibre, ajoutent les analystes de Plexus Cotton.

La récolte américaine s’annonçait toutefois particulièrement abondante avant le passage d’Harvey, certains l’estimant à 21 millions de balles.

Même si les pluies ne facilitent pas la maturation de la fibre blanche, cela « ne va pas faire plonger la production totale de la récolte de cette année », estime ainsi Louis Rose de Rose Commodity Group.

Les investisseurs continuent à surveiller de près la trajectoire de la tempête Harvey et les inondations qu’elle déclenche sur son passage, mais scrutent également d’autres potentielles menaces comme l’ouragan Irma, actuellement au milieu de l’Atlantique.

Les cours du coton new-yorkais ont par ailleurs bénéficié cette semaine d’une demande qui « reste exceptionnelle » pour la fibre américaine à l’étranger selon Louis Rose.

« Avec des réserves presque vides, et avec certaines des premières récoltes en proie à une météo difficile, la marge d’erreur est devenue assez mince », estiment les analystes de Plexus Cotton. Les champs « de l’ouest du Texas et du sud-est des Etats-Unis devraient au final sauver la mise mais il faudra plusieurs semaines avant qu’on en soit sûr ».

La livre de coton pour livraison en décembre, le contrat le plus actif sur l’Intercontinental Exchange (ICE), s’échangeait vendredi en cours de séance à 71,67 cents contre 68,15 cents en fin de semaine précédente.

L’indice Cotlook A, moyenne quotidienne des cinq prix du coton les plus faibles sur le marché physique dans les ports d’Orient, s’affichait à 80,90 dollars les 100 livres jeudi, contre 79,00 dollars une semaine plus tôt (+2,41%).