Coton: les cours plongent à New York après le passage d’Irma

Les cours du coton échangé à New York ont plongé cette semaine, plombés par le passage moins dévastateur que prévu de l’ouragan Irma et par une surprenante révision à la hausse des estimations officielles sur la récolte de fibre blanche aux Etats-Unis.

La livre de coton pour livraison en décembre, le contrat le plus actif sur l’Intercontinental Exchange (ICE), a clôturé vendredi à 69,07 cents contre 74,59 cents vendredi dernier, perdant 7,4% sur la semaine.

« Quand il est devenu évident que l’impact de l’ouragan Irma sur les champs de coton du sud-est (des Etats-Unis) serait moins important que prévu, les investisseurs ont commencé à vendre massivement sur le marché et les spéculateurs qui avaient parié à la hausse ont tenté de limiter les dégâts », indiquent les analystes de Plexus Cotton.

« Le résultat: une chute épique de plus de 6 cents en deux séances seulement » lundi et mardi, ajoutent-ils.

Puis est arrivé le rapport mensuel du ministère américain de l’Agriculture sur l’offre et la demande de produits agricoles dans le monde, dit Wasde, selon lequel la récolte mondiale de coton devrait être encore plus importante que prévue initialement à 120,75 millions de balles.

Aux Etats-Unis, la récolte de coton aussi été révisée à la hausse, à 21,76 millions de balles.

« Le marché hésitait à estimer l’impact des ouragans Harvey et Irma et leurs conséquences éventuelles sur la récolte de coton américaine 2017/2018 mais l’USDA a relevé son estimation de production de près de 6% en se basant sur une superficie et des rendements plus élevés », indiquent les analystes de Commerzbank.

« La récolte devrait être selon ces nouvelles estimations 27% plus abondante que l’an dernier », ajoutent-ils.

« Comme les manufactures ne peuvent pas suivre le rythme de ce genre d’augmentation et leur utilisation ne devrait augmenter que de 350.000 balles, les stocks vont devenir encombrants » au niveau mondial, remarquent les analystes de Plexus Cotton.

Toutefois, soulignent-ils, les estimations de l’USDA ne comprennent pas les éventuelles conséquences des ouragans Harvey et Irma.

« La forte révision à la hausse des estimations de rendements ne correspond pas à ce que les agriculteurs et les consultants observent sur le terrain », indique aussi Louis Rose de Rose Commodity Group.

Toutefois, même s’il existe « de nombreuses raisons d’être sceptique face aux dernières évaluations de l’USDA », il faudrait « des circonstances désastreuses pour que la production américaine soit inférieure à 20 millions de balles » cette année, ajoute M. Rose.

La baisse des cours de la fibre blanche a été aussi alimentée, selon lui, par un repli la semaine dernière des ventes de coton américain à l’étranger.

L’indice Cotlook A, moyenne quotidienne des cinq prix du coton les plus faibles sur le marché physique dans les ports d’Orient, s’affichait à 79,10 dollars les 100 livres jeudi, contre 84,30 dollars une semaine plus tôt (-6,17%).