Coronavirus:  quelle contribution des banques?

banque d'algérie

Face à la crise sanitaire et ses répercussions économiques et sociales,  les entreprises privées et publiques  du secteur pharmaceutique ainsi que celles du secteur agroalimentaire  sont en première ligne pour apporter leur contribution aussi  bien sur le plan de la fourniture de matériel médical que dans la distribution des produits alimentaires de première nécessité. Des entreprises ont doublé leur production pour répondre à la forte demande de produits de protection et de désinfectants. Un grand groupe public a annoncé avoir lancé la production de quantités importantes de masques pour apporter sa contribution à l’effort national de lutte contre le coronavirus. Les entreprises agroalimentaires ont doublé leur capacité de production pour  atténuer les tensions sur la demande de certains produits tels que la semoule ou la farine.

Face à cet effort national de lutte contre les effets du coronavirus, le secteur bancaire est le grand absent.

Dans beaucoup de pays touchés par la crise sanitaire mondiale, les banques ont pris un certain nombre de mesures pour réduire les effets de cette crise sur les entreprises notamment les PME, les plus vulnérables.

En Tunisie, l’association professionnelle tunisienne des banques et établissements financiers ( APTBEF) a annoncé, suite à une action concertée de plusieurs banques tunisiennes,  une contribution globale du secteur bancaire à l’effort national de lutte contre la prorogation du Codiv-19, estimée à 112 millions de dinars tunisiens soit l’équivalent de 35 millions de dinars.

Les banques tunisiennes se sont par ailleurs chargées de désinfecter tous les dabs, pour assurer le maximum de protection à leurs usagers.

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La fédération bancaire  française, l’équivalent de l’ABEF – association professionnelle des banques et établissements financiers en Algérie- a annoncé la mobilisation des banques « afin d’accompagner leurs clients, en particulier commerçants, professionnels, petites et moyennes entreprises, qui pourraient faire face à des difficultés résultant du développement de l’épidémie de coronavirus pouvant impacter temporairement leur activité ». Ainsi , des mesures concrètes ont été adoptées pour   accélérer l’instruction de crédit pour les situations de trésorerie tendues, reporter  jusqu’à six mois des remboursements de crédits pour les entreprises et  supprimer les pénalités et des coûts additionnels de reports d’échéances et de crédits des entreprises.

L’ABEF, quant à elle,  n’a publié aucun communiqué sur les mesures que comptent  prendre les banques pour participer à l’effort national de lutte contre le Codiv-19 et particulièrement,  ses répercussions financières sur les PME qui souffrent dans ce contexte extrêmement difficile.

Les changements apportés récemment à la tête des banques n’ont visiblement  entraîné aucune amélioration dans le fonctionnement des banques mais montrent, si besoin est, que des changements plus profonds sont nécessaires.

Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a indiqué, lors de sa visite à Blida, qu’un système national de santé fort sera construit une fois la crise sanitaire induite par l’épidémie de Covid-19 surmontée.

Une réforme opérationnelle du secteur bancaire doit être une des priorités de l’économie post-coronavirus.

Samir D.