Contentieux Djezzy-Ooredoo: le patrimoine national pillé

hayla

Le communiqué diffusé ce dimanche par l’opérateur qatari Ooredoo a jeté le désarroi chez les algériens. Des expressions typiquement algériennes sont désormais la propriété quasi-exclusive des qatari. Une première dans l’histoire du pays.

Tout a commencé il y a quelques mois quand Djezzy (51% de part détenues par le gouvernement algérien, 49% Veon) a lancé son offre Hayla qui accorde au consommateur algérien une large gamme de produits mixés dans un excellent package économique. Pour 1.000 dinars, le citoyen algérien a droit à autant de crédit pour communiquer avec les autres réseaux et surtout la gratuité des appels et SMS vers les abonnés de Djezzy. Cerise sur le gâteau: l’utilisateur de la formule Hayla a droit à un volume internet de l’ordre de 12 Go. Du jamais vu jusque-là.

Cette offensive commerciale a totalement désarçonné la stratégie de l’opérateur qatari, en ce qui concerne l’offre Haya. Le grand show pour le lancement de cette campagne a même nécessité la mobilisation de grandes figures du football mondial.

Mais, au bout du compte, l’offre Haya n’a pas réussi à drainer les foules, démontrant par la même occasion l’incapacité d’une entité qatarie à mobiliser le consommateur algérien, qui a toujours en tête le processus de démantèlement de plusieurs pays arabes à travers le printemps noir.

LIRE AUSSI Internet: Djezzy continue d’achever Ooredoo

Les algériens se sont rués en masse pour acquérir Hayla de Djezzy qui offre plus d’avantages. Et c’était l’effondrement de l’offre de l’opérateur qatari.

C’est alors que l’ex-marque Nadjma a décidé d’attaquer son rival sur le terrain des appellations, alors que l’offre de Djezzy en ce qui concerne Hayla est totalement conforme aux lois en vigueur du moment qu’elle a été approuvée par l’ARPT, le gendarme de l’Etat en matière de régulation du marché des télécoms.

Les qataris reprochent à Djezzy l’usage d’une appellation proche de la leur. Entre Haya et Hayla, les qataris considèrent qu’une lettre s’est incrustée et fausse toute une logique économique élaborée par Ooredoo. Ils vont même jusqu’à déposer plainte auprès de la justice.

Au-delà de la décision qui a été prononcée en première instance en faveur d’Ooredoo, un problème de patrimoine se pose. L’histoire du  classement du couscous en tant que Label algérien a nécessité des démarches de plusieurs années au niveau des instances onusiennes, avant d’obtenir gain de cause.

Par ailleurs, les algériens se sont mobilisés tous contre les marocains quand ils ont tenté de s’approprier la propriété intellectuelle de la Gandoura Fergani ont aujourd’hui le devoir de se révolter contre un opérateur étranger qui profite des failles de la loi pour s’approprier des expressions algériennes.

LIRE AUSSI Annaba-Djebel Onk: dédoublement de la ligne minière

Haya est un mot qui appartient au patrimoine national et nul étranger n’a le droit de se l’approprier et d’en faire un vecteur de business pour casser une entreprise algérienne détenue, de surcroît, à hauteur de 51% par l’Etat algérien.

A suivre cette logique, il viendra un jour, un opérateur étranger qui va créer en Algérie, une quelconque marque intitulée Boualem. Dès lors qu’il va l’inscrire à l’Inapi, tout nouveau-né devra  bénéficier de la faveur de l’opérateur étranger pour se faire appeler naturellement Boualem. D’ailleurs, il y a une dizaine d’années, la fille de feu général Smail Amari, l’ancien patron du contre espionnage algérien, avait perdu un procès contre Djezzy à propos de l’appellation de l’offre Allo. La justice avait décidé que l’appellation Allo appartient au patrimoine universel et qu’aucune entité algérienne ne pouvait en disposer sous une quelconque exclusivité.

L’opérateur qatari semble oublier que le détenteur final de ses capitaux a financé et orchestré la destruction de plusieurs pays dans la fameuse offensive du présumé « printemps arabe ». Si les dirigeants de cet opérateur ont oublié ces faits destructeurs, beaucoup d’Algériens gardent encore en mémoire ces scènes de l’effondrement de nations amies et peuples frères.

En tous les cas, Djezzy a fait appel du verdict prononcé en première instance et va pouvoir continuer à commercialiser l’offre Hayla et surtout continuer à enterrer le concurrent qatari sur le marché qui a déjà tranché en faveur de cette offre.

LIE AUSSI Catering: Ligabue respire enfin