CNPC et le Printemps arabe en Algérie: commentaires chinois indélicats

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Le management de la CNPC en Algérie, qui en 2011 avait la propriété et la responsabilité des opérations de la raffinerie d’Adrar, a justifié les arrêts de travail et grèves du personnel algérien à cette époque et jusqu’en 2013 par les conséquences du printemps arabe. : « Les employés algériens revendiquaient plus de démocratie ».

Voilà un commentaire bien étrange venant du partenaire chinois historique et stratégique dont les firmes ont bénéficié d’un traitement plus qu’honorable en Algérie. A les croire, il n’y a donc pas de démocratie en Algérie et ce n’est pas les traitements injustes et les bas salaires offerts par la CNPC qui ont provoqué les grèves du personnel algérien.

Ainsi le responsable de CNPC à cet époque, qui est aujourd’hui vice-président de CNPC en Algérie, aurait utilisé cet argument, à l’occasion d’un différent commercial avec un sous-traitant, pour dédouaner les carences managériales de son entreprise alors que le Gouvernement Algérien et la Sonatrach avaient accepté, à plusieurs reprises, de revoir les conditions économiques du projet intégré pour soulager la CNPC : en effet, personne n’avait obligé CNPC a offrir un prix défiant toute concurrence, et déraisonnable économiquement, pour assurer le développement intégré du champ de Sbaa et la construction de la raffinerie de Adrar.

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Sonatrach a été bien inspirée de mettre fin à sa coopération avec la CNPC sur ce projet intégré : la raffinerie et le champ sont aujourd’hui la propriété de Sonatrach. Sonatrach a du éponger les dettes et la situation de faillite de la Soralchin, la raffinerie, avec des arriérés de plus de 300 millions de dollars et un amortissement pas encore payé. Les partenaires ont transigé sur une valeur transactionnelle des actifs restants pour à peu près 200 millions de dollarsen équivalent de barils de pétrole.

Cnpc et Cpecc, qui avait des déboires sur le topping de Skikda, ont mandaté un consultant sud-coréen, professeur des universités à Londres, proche du management de Sonatrachpour arriver à une issue honorable pour les deux parties. Ils ont même utilisé un avocat algérien, fils d’un illustre autre avocat historique algérien, pour intervenir dans la négociation.Une fois l’accord ficelé, le responsable de Cnpc a cette époque a été promu Vice-Président CNPC pour le Moyen Orient après un court séjour à Pékin.

Cnpc s’en tire à bon compte jusque ce jour. Le personnel algérien de la raffinerie a été entièrement repris par la Sonatrach.

Nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur cette affaire.

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