CarLeaks : La malhonnêteté de Renault et PSA mise à nu

Renault et PSA

Les constructeurs automobiles français Renault et Peugeot Citroën ont surfacturent 70% leurs pièces de rechange depuis dix ans grâce à un logiciel qui gonfle artificiellement les prix, engrangeant près 100 millions d’euros de profit supplémentaire chacun et par an. C’est ce que révèle une investigation menée par le journal online français Mediapart en collaboration avec  ses partenaires du réseau European Investigative Collaborations (EIC) et baptisée «CarLeaks».

L’enquête se basant sur des documents confidentiels obtenus par Mediapart et partagés avec EIC, indique les prix des pièces de rechanges des deux constructeurs sont artificiellement gonflés jusqu’à trois fois au détriment de leurs clients de par le monde. Les documents proviennent du plus grand cabinet conseil dans le monde Accenture –une multinationale née aux Etats-Unis– lequel a fourni aux deux constructeurs français un logiciel qui s’appelle «Partneo» et qui, explique Mediapart, permet de déterminer la valeur perçue par le client d’un produit ainsi que le montant maximum qu’il est serait prêt à débourser pour l’acquérir.


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Ce faisant, le logiciel agissant sur la perception des clients, acquis par Renault en 2008 et par PSA en 2010, a gonflé les prix de 70% des pièces vendues par les deux constructeurs, a réduit ceux 20% d’entre elles et a maintenu ceux des autres 10%. Un artifice qui a généré 15% de bénéfices supplémentaires au profit des deux constructeurs sur l’ensemble des pièces captives dont la commercialisation est limitée pour des raisons de propriété intellectuelle et industrielle ou  pour des raisons de sécurité des véhicules. Mediapart a estimé les profits supplémentaires engrangés par les deux constructeurs grâce audit logiciel et détriment des automobilistes et des assureurs à 1,5 milliards d’euros en dix ans. Pire, l’enquête de Mediapart et ses partenaires européens souligne même qu’il existe une entente entre les deux constructeurs sur les prix.

Optimisation fiscale en Algérie

Ceci dit, cette arnaque n’est pas étrangère aux pratiques des deux constructeurs qui s’adonnent à l’optimisation fiscale partout où ils sont installées dans le monde, transférant les bénéfices là où ils paient le moins d’impôts. En Algérie par exemple, Renault, qui se trouve être leader sur le marché et dont les véhicules se vendent comme des petits pains, affiche indécemment le taux de rendement le plus bas à l’intérieur du groupe avec des bénéfices ne dépassant parfois même le prix d’une voiture (lire notre article sur le sujet). Idem pour Peugeot qui, d’ailleurs, a été épinglé par le scandale dit «dieselgate» en Europe pour avoir traficoté les mesures des émissions de CO2.  Peugeot fait exactement comme Renault  en Algérie. De 2010 à 2016, sa filiale algérienne, qui a vendu pour 3,61 milliards d’euros de véhicules, pièces de rechange et autres prestations de service, a déclaré à peine 42,6 millions d’euros de bénéfices, soit un taux de rendement moyen de 1,18% au moment le groupe déclarait, tout au long de cette période, un taux de rendement supérieur à 5%.

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