Campagne électorale /J8 : le mal est profond

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Au fur et à mesure que l’on avance dans la campagne l’on constate, avec les candidats eux-mêmes, que le mal est profond, le jeu biaisé et la société trompée par une illusion d’optique qui a trop duré. Le régionalisme en est déjà un. A l’heure où l’on devait s’exprimer devant des citoyens, l’on constate le degré d’embrigadement des uns et des autres, le niveau exécrable de mobilisation idéologique.

C’est donc au huitième jour de la campagne électorale, que Ali Benflis, à Msila, promet de lutter contre le régionalisme, instauré depuis des années en système de cooptation et de parachutage politique. Le régionalisme est  « l’arme des ennemis de l’Algérie », a-t-il martelé. « Je suis de vous. Je connais toute l’Algérie. Il ne faut pas faire de différence entre les différentes régions ». Ilo ne dira pas comment, mais porte la sincérité politique à la niaiserie en proclament, comme chaque fois depuis le début de sa campagne, qu’il ne cherche « ni richesse, ni pouvoir ». Entre l’ascète religieux et l’homme politique, Benflis lance : « Je ne me porte pas candidat pour tromper le peuple. J’ai peur d’Allah, et celui qui craint son Dieu ne vole pas son peuple ».

Pour le volet économique, Benflis promet une révision de l’accord avec l’Union européenne. Toutefois, le candidat Benflis commence à ressentir les limites de sa popularité ; car après El Bayadh, il a été encore chahuté à Msila. Alors qu’il tenait son meeting, des habitants de M’sila ont organisé un rassemblement devant la maison de la culture pour protester contre sa venue. Ils étaient minoritaires certes, mais il devrait raccorder ses violons pour éviter toute mauvaise fausse note, ce qui donnerait un goût amer à sa campagne, surtout que lui s’autoproclamait candidat du hirak. Pour assurer sa bonne foi, il a fait rappeler que durant dix vendredi, il a été « dans la rue avec ses filles pour partager les espoirs de changement du peuple ».

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El Bayadh est en passe de devenir la ville des contestataires tous azimuts, puisque le candidat Abdelkader Bengrina a été chahuté vendredi dernier, lors de son déplacement dans cette ville.

Face au déficit de confiance

Azzedine Mihoubi, lui, a choisi Biskra. Un autre souci est attaqué de front : la rupture de confiance entre l’Etat, ses hommes, et le peuple.  Aussi, le candidat Azzedine Mihoubi use-t-il de toute sa force de convaincre pour proposer de régler ce grave déficit afin de sortir l’Algérie de la crise. La programmation de l’Algérie à l’ordre du jour du Parlement européen pour le 28 novembre, fait aussi partie de son lexique, et il s’est armé de mots durs pour dire que l’Algérie était un pays souverain et indépendant qui a toujours respecté la souveraineté des autres et qui veille à ne pas s’ingérer dans les affaires internes des pays, mais qui est jaloux de sa souveraineté et ne permet pas à quiconque d’user de ce non droit pour égratigner les choix populaires de l’Algérie.

Le capital crédit engrangé par Tebboune lors de son éviction du gouvernement à la suite de son bras de fer avec l’oligarchie continue à jouer en sa faveur. Alors il ne s’en prive pas pour en faire étalage, surtout lorsqu’il est interpellé sur le sujet. Aussi, l’incarcération de son fils, le départ précipité de son directeur de campagne, les tiraillements du hirak, etc. sont les effets visibles de causes invisibles, et qui dénotent du travail de sous-sol de la bande à l’approche de la présidentielle.

Continuant son travail de fourmi, sans trop se mouiller dans les polémiques politiques stériles, Abdelaziz Belaïd aime à se frotter aux petites gens ; comme dès le premier jour où il a été au Sud pour toucher du doigt les chômeurs et les laissés-pour-compte, il a été à Tiaret parler surtout aux agriculteurs, moteurs de l’économie de l’avenir, loin des fluctuations des seules recettes des hydrocarbures.

Il a accusé les « intrus » d’avoir bénéficié de milliards dans le cadre du programme du soutien à l’agriculture, et « des milliards ont été dilapidés de la sorte » ; pourtant, ces milliards « devaient servir à booster l’économie locale et les petits agriculteurs », mais hélas, « n’ont pas servi à développer l’agriculture en Algérie et les véritables agriculteurs continuent de souffrir du manque de moyens ». Et de lancer, si l’agriculture ne fait pas sortir l’Algérie de la ligne rouge, l’avenir sera sombre et les Algériens mendieront pour se nourrir.

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