Campagne électorale/J5 : lever les imbroglios politiques

tebboune

Le cinquième jour de la campagne électorale aura confirmé un point auquel il faudrait pour les candidats y remédier : leurs discours ne font pas tilt. Et quand un électeur n’est pas convaincu, il tourne le dos aux palabres politiques. C’est un réflexe aussi vieux que le monde.

Toutefois, Tebboune et Mihoubi donnent l’impression qu’ils maîtrisent leur sujet un cran au-dessus des autres. La pratique du terrain et la longue marche politique aux plus hauts cercles du pouvoir donnent cette assurance du vieux routier. Caciques du FLN, l’un y prenant ses distances, l’autre défroqué du parti, ils ont un je ne sais quoi qui tranchent avec les autres. Le temps, les jours qui suivront, donneront plus de couleurs à ces nuances.

A partir de Tiaret, le président de Talaïe El Houriyet, Ali Benflis, toujours flanqué de Slimane Bekhlili (un appui ou un fardeau ? Le temps le dira), a fait feu de tout bois, et bien sur encensé son programme électoral. Surtout dans son volet économique, et a fait un plaidoirie pour que les jeunes investisseurs puissent bénéficier de terrain pour mener à terme leurs projets.

A Constantine, Tebboune a surtout réagi face aux rumeurs du report de la présidentielle et a critiqué les parties qui refusent les élections présidentielles, assurant que la désignation d’un président n’est pas une option de démocrates en ce sens qu’elle constitue un premier pas la dictature : « Comment des personnes qui se proclament du Hirak et qui se disent démocrates sont contre la tenue des élections ? »

LIRE AUSSI J+4 : carnet de bord de la campagne électorale

Abdelmadjid Tebboune s’est totalement opposé à l’idée de la transition car « on ne va pas se faire avoir pour la seconde fois », puisqu’« on ignore quelles dérives peuvent découler de cette transition ».

« Cette élection n’est pas la fin du monde, cela fait 9 mois que le pays est sans président est exposée à des risques. Il y a une minorité qui refusent les élections, on la respecte, mais il faut tous se respecter ».

Pour Abdelkader Bengrina, ce n’est pas une partie facile. A Relizane, le 21 novembre, la salle n’affichait pas complet pour lui. Loin s’en fallait.

Comme a son habitude, depuis le début de la campagne, il a attaqué les partisans de la période de transition, les accusant d’être « les alliés de la bande » qui étaient à bord des chars dans les années 1990 et qu’ils  avaient planifié de prolonger le mandat de l’ex-président Bouteflika en 2018, et ce sont aux encore qui s’attaquent aujourd’hui ceux qui croient que les élections sont la solution pour sortir de la crise que traverse le pays.

Le combat est aujourd’hui, selon lui, est entre les nationalistes et les autres, tous les autres ; aussi, faut-il choisir son camp. « Les masques sont tombés et les opposants au projet novembriste et à l’identité de la nation algérienne ont voulu prendre le train alors qu’ils étaient des alliés secrets ou connus de la bande ». Plus agressif encore : « En accord avec le chef de la bande et le colonisateur français, ils ont voulu tisser une constitution qui n’arrange pas les intérêts de l’Algérie ». « Ils bénéficiaient du financement de ceux qui sont actuellement à la prison d’El Harrach ».

Azzedine Mihoubi souhaite surtout se débarrasser d’une double accusation. Ses propos dénotent de cette hantise ; et il le répète souvent «  Je ne roule pas pour le pouvoir et je ne suis pas la continuité d’Ouyahia au RND ».

Quand il dépasse cette hantise avec courage et beaucoup de sérénité, il peut alors faire étalage de culture et encenser son programme électoral, décliné en quinze engagements préalablement annoncés, et qui, selon lui, concerne directement le citoyen. A partir de son siège du parti, à Hydra, il a encore donné une place large à la nécessité d’aller vers les urnes pour dépasser l’imbroglio politique actuel.

LIRE AUSSI Justice: arrestation de Omar Alilat Zine Hachichi

 

 

1 Rétrolien / Ping

  1. Tebboune: un discours serein à Constantine - e-Bourse

Les commentaires sont fermés.