Campagne électorale/J18 : au-dessus de la mêlée

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La fonction présidentielle contraint son homme à se mettre au-dessus de la mêlée ; avec une capacité de dépasser son égo, de sortir de ses carcans et de devenir, même au stade de candidats, dans la peau d’un responsable de tous les Algériens. Si les attaches partisanes, les animosités, les rancœurs et les appartenances sont très visibles sur le candidat, son état de « petit » ne peut le relever à une échelle plus grande. C’est comme cela que les choses, en principe, fonctionnent…

Est-ce en pensant à tout cela que Ali Benflis, de Relizane, parlait ? On ne le sait pas. Toujours est-il qu’il a affirmé n’avoir de rancœur envers personne, qu’il n’a pas de compte à régler avec quiconque, ni dans le passé, ni dans l’avenir, et que son objectif urgent, « c’est de régler des comptes avec le retard cumulé sur les plan politique, économique et social, et de faire en sorte de rattraper le temps perdu et d’amarrer le pays à bon port ».

Candidats face aux peuple

Faisant l’écho du procès qui se déroulait au même moment, Ali Benflis dira que « la corruption a complètement démoli le pays, et que le temps est venu pour que l’Etat algérien se construise sur des institutions légitimes, que des gens probes prennent les commandes de l’Algérie pour la faire sortir de cette situation et faire redémarrer son économie ».

Le crédo de Ali Benflis, a été encore une fois, « un Parlement légitime, des assemblées élues, une presse réellement libre et une Justice autonome ».

En visite à El Tarf, Abdelaziz Belaïd a rappelé combien le contexte actuel était rude pour les Algériens, parce que « leur sécurité, leur indépendance et leur stabilité sont éminemment ciblés ». Les mauvais augurent ne manquent pas : « L’économie est en berne, les institutions gelées, et pour s’en sortir, la présidentielle se présente comme salutaire pour faire redémarrer la machine de production et remettre sur rails les dysfonctionnements ». Comment en est-on arrivé là ? « C’est vingt années passés dans les dilapidations, la non-gouvernance et les injustices, pendant lesquelles le pays n’a pas profité de l’aisance financière qui était sienne, mais qui est tombé entre des mains mafieuses », a dit Abdelaziz Belaïd, qui a fait aussi une large place au président algérien Chadli Bendjedid, « le père de la démocratie en Algérie, car c’était lui qui, le premier, a ouvert les portes du multipartisme et aux équilibres régionaux que le système Bouteflika a lamentablement gâché ».

A Alger, Azzedine Mihoubi a promis de continuer l’œuvre de salubrité publique qui est la lutte contre la corruption et les corrompus : « De quel droit ont usé ces responsables pour prendre l’argent des Algériens et le mettre à l’abri à l’étranger », a-t-il apostrophé son auditoire.

Dans le domaine éducatif, qui est un des piliers du discours de Azzedine Mihoubi, il a promis de continuer à promouvoir la langue amazighe, qui représente une des constantes de l’Algérie, de mettre les enseignants dans les meilleures conditions possibles pour aboutir à un enseignement de qualité et à la révision du dossier logement, pour que les aides de l’Etat en ce sens aillent à ceux qui les méritent.

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