Campagne électorale/J17 : l’essentiel et l’accessoire

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Dans toute campagne il y l’essentiel et puis il y a l’accessoire. Un tableau de bord est essentiel pour les candidats, pour voir clair, se donner de la visibilité et être sa trajectoire tracée devant lui pour ne pas perdre la boussole. Des réseaux de soutien disséminés dans les wilayas font partie des fondamentaux en politique, tout comme délivrer un discours clair, cohérent et honnête. La médiocrité, l’improvisation et l’impétuosité sont de mauvaises conseillères en pareilles circonstances, et de bien piètres appuis en pareils cas. Il faut pour avoir des épaules en politique, être constant et avoir des constantes.

Les constantes de Belaïd Abdelaziz sont le capital, savoir-faire et le travail. C’est lui qui l’a martelé à partir de Tébessa, le 3 décembre, une wilaya qui vit comme toutes les wilayas limitrophes du pays par le biais du commerce illicite avec les pays voisins. Pour Belaïd, il s’agit là d’un commerce réel et comme les autres, et qui trouve sa raison d’être dans le besoin de commercer avec les voisins, ce qui est une activité fort légale, mais dont les formes ont été déformées par les coercitions.

Il a promis de faire en sorte de ne revenir dans cette ville qui a porté très haut la lutte armée pendant la Glorieuse Révolution, qu’en y apportant des choses propositions pour remédier à son triste sort, un sort où la négligence et la *marginalisation ont fait leurs effets ravageurs.

Pour Tebboune et Benflis, il y a un couac qui se profile, c’est la possibilité que le FLN ne s’aligne ni avec l’un ni avec l’autre. Le SG par intérim du vieux parti a fait une déclaration majeure, mardi 3 décembre, c’est que le FLN n’a pas tranché sur le sujet et qu’il y aurait possibilité d’un soutien à Mihoubi, et que des contacts sont établis avec ce dernier pour opérer les derniers réglages sur la question.

Donc, si en plus des réseaux Rnd, déjà rôdés et huilés pour pareilles circonstances, Mihoubi bénéficie de ceux du Fln, autant dire que le tapis rouge lui est déroulé pour El Mouradia. Toutefois, la politique étant l’art du possible, il faut rester éveillé jusqu’à la dernière minute pour avancer quoi que ce soit.

Ali Benflis, qui, de Skikda, promettait à tous de trouver des solutions à leurs problèmes en suspens (contractuels de l’Anp, étudiants, etc.) et de consacrer un traitement préférentiel aux couches défavorisées de la société, il y a lieu de s’inquiéter d’abord, sur l’inanité des réseaux de son seul parti naissant, si le Fln lui tourne réellement le dos, car ce ne sont pas ses maigres ressources dans le fonds électoral qui lui permettront d’avoir le finish efficace le 12 décembre.

Les autres candidats auront d’autant plus de soucis à se faire qu’aujourd’hui même, Mihoubi, qui a fait sans-faute dans cette campagne, a reçu au siège de son parti, la visite de plusieurs ambassades , dont celui de l’Allemagne, d’Espagne, de Belgique et de Hollande. Les chancelleries occidentales qui suivent la campagne à la loupe, disent bien que le candidat Mihoubi est en train de se mettre dans la peau d’un sérieux postulant pour El Mouradia.

C’est là une des facettes de ce qu’on disait : en politique, il y a l’essentiel et l’accessoire. De ce fait, il ne faut jamais trop s’occuper des détails lorsque le gros du sujet vous échappe…