Campagne électorale : Belaid, Tebboune et Mihoubi se détachent du lot

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Au bout d’une semaine de campagne électorale, l’opinion publique dégage ses favoris. Evidemment, il ne s’agit que d’une image instantanée, mais elle est déjà indicative de la tendance du moment.

Le parcours de Tebboune, Belaïd et Mihoubi affiche une solidité remarquable, loin devant benflis et Bengrina. Il s’agit surtout de solidité au niveau des réseaux de soutien et au niveau des balises mises sur leur parcours. On devine aisément que Tebboune ait bénéficié du capital crédit qu’il avait engrangé lors de son éviction du gouvernement lors de son bras de fer avec les oligarques. Sitôt débarqué par le système Bouteflika, Tebboune avait été plébiscité, rappelons-le, héros national. L’opinion publique a la peau dure, dit-on, et ce capital persiste, et Tebboune a su encore le rentabiliser et le développer avec des mots simples, une prise d’altitude que l’on ne retrouve pas chez les autres concurrents.

Tebboune est d’autant plus mis sur un piédestal que le Fln pourrait bien le soutenir, étant donné qu’il demeure le seul parmi les candidats à être organiquement dépendant du parti. Un soutien des réseaux du Fln pourrait bien en bout de course lui être bénéfique, voire décisif dans le décompte final du scrutin.

Belaïd n’en démord pas. Invité-surprise à la présidentielle de 2014 face à Ali Benflis et Abdelaziz Bouteflika, il se classe troisième sur six candidats et obtient 328 000 voix, soit 3 % des suffrages exprimés. Cette fois-ci, il compte bien faire mieux dans une course ouverte où le candidat-président n’existe pas.

Mihoubi, enfin, est l’autre outsider. Sans fanfare ni tambour battant, il avance lentement mais surement, bénéficiant des réseaux solides d’un parti discipliné qui a su gérer l’après Ouyahia, en donnant carte blanche à Mihoubi. Celui-ci bénéficie aussi de son passé politique d’homme intègre qui n’a pas trempé dans les entourloupes de la « issaba » et dont l’image d’un politique qui a su rester « clean » lorsque les autres, dans son entourage, ne l’ont pas été.

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Ces trois hommes semblent surtout profiter de leurs réseaux politiques dans les wilayas, ce qui n’a pas été le cas de Benflis, dont le parti n’est pas encore suffisamment rôdé, loin s’en faut. Benflis ne bénéficie pas non plus des réseaux du Fln, son parti d’origine, avec lequel il a coupé les liens ombilicaux.

Question de réseaux

Benflis a eu également l’idée saugrenue de s’entourer d’un personnel politique improbable. Ses déclarations, en outre, n’ont pas été toujours bien perçues, particulièrement lorsqu’il se proclame candidat du hirak, chose que ce dernier ne lui a pas accordé. D’où les couacs qu’il a lui-même pu observer, ainsi que les chahuts contre lui dans au moins deux wilayas qu’il a visité.

Bengrina a joué le vainqueur avant même de se présenter à la présidentielle. S’autoproclamant avant tous le futur président des Algériens, vainqueur haut la main, réagissant avec hargne contre les chahuteurs qui l’ont ciblé dès le premier jour, il a donné l’image d’un homme politique « léger », qui manque en même temps d’assurance et de maturité pour El Mouradia.

Toutefois, son plus grand handicap demeure celui du non soutien des autres islamistes. Car il ne faut pas perdre de vue que Bengrina est un produit Msp pur jus, et que de ce fait, une alliance avec les islamistes lui aurait été bénéfique ; or celui-ci s’est mis tout le gotha islamiste sur le dos par ses déclarations tonitruantes. Résultat, il s’est retrouvé seul a gesticuler.

C’est grosse-modo, l’image qui se dégage au bout d’une première semaine harassante pour les candidats, qui ont été confronté aux dures réalités du terrain politique, un terrain certes miné d’avance, avec des aprioris, des préjugés et des réticences affichées de la part de l’électorat issus des ultras du « hirak ». La seconde semaine promet d’être plus instructive, plus décisive sur tous les plans.  Il faut juste voir, écouter, engager une réflexion, observer le mouvement des foules, la formation de l’opinion, qui peut basculer à tout moment.

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