Business avec la France: pourquoi l’Algérie doit redéfinir ses réseaux

Zoutale F.

Il y a réellement urgence à revoir les réseaux d’affaires et même les canaux officiels pour la coopération de l’Algérie avec la France. L’ensemble des partenaires d’affaires Algérie-France, y compris le Forum de partenariats entre les deux pays, et qui constitue la coopération à haut niveau, doit être redéfinit à la lumière des nouvelles donnes politiques et populaires induites par le hirak.

Jusque-là, il y avait certes une coopération franco-algérienne, mais une coopération à ses unique, où Paris bénéficiait de tous les avantages sans se plier aux moindres conditions (transfert de technologie, création d’emplois, résorption de chômage, etc.). Les diverses missions économiques Business France de l’ambassade de France en Algérie et l’ensemble de ses partenaires et des mécanismes qui ont fonctionné jusqu’avant le hirak, Forum économique Algérie-France, initiée par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie en France, ANDI, ANDPME, CACI, CACI France, CEIMI, CCIAF et FCE, ainsi que le Forum de partenariats algéro-français de haut niveau, tous ces dispositifs sont soudainement tombés sous la loupe des enquêteurs.

La promotion de la fausse industrie française, dont le montage automobile a constitué la face visible, l’implication des principaux membres de ces Forums d’affaires algéro-français dans des affaires suspectées par la Justice, ainsi que la mise à l’index d’hommes qui constituait cette vitrine entre Paris et Alger, dont principalement Bouchouareb et Haddad, ont été autant de motifs pour que l’Algérie post-hirak de rectifie ses objectifs et de revoie ses effectifs.

Durant ces deux ou trois dernières années, des Forums de partenariats avec la France, sous le patronage du Comité intergouvernemental de haut niveau, ainsi qu’avec le Medef et la Chambre de Commerce et d’Industrie Algéro-Française, avaient initié avec les entreprises françaises, majoritairement des PME et ETI, des échanges fructueux. Des entreprises spécialisées dans les domaines de l’agriculture et de l’agroalimentaire, de la construction, des énergies renouvelables, de la grande distribution, des loisirs, du numérique et des télécommunications, de la santé et de la sous-traitance mécanique (automobile et ferroviaire) ont champignonné alors en Algérie.

Prise au piège des fluctuations du marché pétrolier, l’Algérie avait consenti des accès libres de toutes les pesanteurs douanières et tarifaires aux entreprises françaises. Mais il a fallu la chute brutale de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, pour qu’Alger se rende compte, lucide et halluciné à la fois, que ses réseaux d’affaires avec les Français ne travaillaient pas uniquement pour les seuls intérêts des Algériens.

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