Bourse d’Alger: Ouyahia fait marche-arrière

Le gouvernement Ouyahia a décidé de faire marche-arrière par rapport à l’opération d’introduction en bourse de certaines entreprises publique.

Pour le directeur général de la Société de gestion de la bourse des valeurs (SGBV) Yazid Benmouhoub, la décision des pouvoirs publics d’abandonner le projet d’introduire en bourse des entreprises publiques est « bénéfique » pour le marché et donnera plus de chance aux PME pour s’y introduire, sur fond de rétrécissement des liquidités bancaires.

« Les entreprises publiques ne sont plus sur la liste des sociétés à introduire en Bourse. C’est le choix des pouvoirs publics et c’est un choix bénéfique pour le marché », a-t-il estimé lors d’une journée d’information sur la Bourse d’Alger comme mécanisme de financement alternatif pour les entreprises, organisée au siège de la CACI (Chambre algérienne de commerce et d’industrie).

« Une éventuelle introduction en bourse des entreprises publiques aurait un effet d’éviction sur les PME car des sociétés comme le CPA ou Mobilis, si elles ouvrent 20% de leur capital, vont certainement attirer les investisseurs au détriment des PME qui n’ont pas les mêmes capacités d’attrait « , a-t-il argumenté.

Pour rappel, le Conseil des participations de l`Etat (CPE) avait donné, en 2013, son aval à huit (8) entreprises publiques pour l`ouverture ou l`augmentation de leur capital social à travers la Bourse.

Il s`agit de trois cimenteries relevant du groupe public GICA (dont celle d`Aïn Kbira), du Crédit populaire d`Algérie (CPA), de la compagnie d’assurance Caar, de Cosider Carrières (filiale du groupe Cosider), de l`entreprise Hydro-aménagement et de Mobilis.

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Mais la souscription de la Société des Ciments d’Aïn-Kebira (SCAEK) en 2016 a été déclarée « infructueuse » et retirée, puisque la réglementation exige un minimum de 20% du montant total de la souscription alors que la levée de fonds avait atteint à peine 5% des 18,95 milliards de dinars que cette entreprise espérait lever sur le marché financier.

Ce choix des pouvoirs publics d’abandonner l’introduction en bourse des entreprises publiques, annoncé à la fin 2017 par le Premier ministre Ahmed Ouyahia, rappelle M. Benmouhoub, est aussi dicté « par la conjoncture financière que traverse le pays, à savoir un manque drastique des liquidités bancaires », une situation où le marché financier devrait jouer un rôle alternatif, selon le même responsable.

Chiffres à l’appui, il a rappelé que les liquidités bancaires sont passées de 2,73 milliards (mds) de DA en 2014 à 1,83 mds de DA en 2015, à 821 millions de DA en 2016 pour chuter à 512 millions de DA en septembre 2017.

Invitant les PME algériennes à s’introduire en Bourse pour augmenter leurs capacités de financement et bénéficier en outre de plusieurs avantages fiscaux, M. Benmouhoub a annoncé l’introduction en bourse, durant le semestre en cours, d’une PME privée exerçant  dans le secteur du tourisme thermal.

Après vingt ans d’existence, la Bourse d’Alger ne compte aujourd’hui dans son portefeuille que cinq (5) titres que sont Saïdal, El-Aurassi, Alliance Assurances, NCA Rouiba et Biopharm, avec une capitalisation boursière inférieure à 40 mds de DA, un encours des obligations du Trésor autour de 400 mds de DA et quelques 13.000 investisseurs.

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