Boumerdes: le P/APC de Zemmouri suspendu de ses fonctions

Par Wahab

Le maire RND de Zemmouri, commune balnéaire située à 12 km à l’est du chef-lieu de wilaya,  a été  suspendu hier par un arrêté du wali en application de l’article 43 du nouveau code communal qui stipule que « l’élu faisant l’objet de poursuites judiciaires pour crime ou délit en rapport avec les deniers publics ou pour atteinte à l’honneur ou ayant fait l’objet de mesures judiciaires ne lui permettant pas de poursuivre valablement l’exercice de son mandat électif, est suspendu par arrêté du wali, jusqu’à intervention de la décision définitive de la juridiction compétente ».

Dans le cas du P/APC  de Zemmouri on évoque le « non respect du code des marchés publics ».Cette décision intervient quelques jours après la suspension de  pas moins de cinq  maires (Dellys ,Chabet El Ameur ,Boudouaou ,de Boudouaou El Bahri et Corso ) ces derniers doivent répondre de poursuites judiciaires lancés contre eux pour des affaires liées à la gestion locale.

Ces décisions ont été critiquées par plus d’un, d’autant qu’elles interviennent dans un contexte assez particulier «Cette loi doit être annulée, car elle fait abstraction du principe de la présomption d’innocence » regrette le coordinateur local d’un parti. Ajoutant que seule la justice peut révoquer un élu  du fait que  celui-ci est innocent jusqu’à sa condamnation définitive par la justice. Le maire de Dellys a été condamné à 2 ans de prison ferme pour délivrance d’un permis de construire, celui de Chabet El Ameur une commune enclavée à l’extrême sud de la wilaya est poursuivi pour octroi d’un marché de gré à gré en violation des procédures réglementaires, le  maire de Corso a été condamné pour avoir octroyé une autorisation d’exploitation d’un parking pour le compte d’une mosquée à Berrahmoune. Le maire de Boudouaou El Bahri n’est pas encore jugé.

On lui reproche le fait que l’APC ait reçu des dons d’un investisseur privé pour l’aménagement d’une plage sans le respect de la réglementation en vigueur. La mesure de suspension a touché également trois vice-présidents de l’APC de Boudouaou, poursuivis pour des affaires en lien avec la gestion des deniers publics. La révocation du P/APC de Chabet El Ameur a fait réagir son parti le PT qui qualifie cette mesure prise par le wali  »d’arbitraire », le parti de Louiza Hanoune évoque  »la nécessité de revoir de fond en comble » le code communal qui octroie des  »prérogatives exorbitantes  » à l’administration au  »détriment de l’élu qui jouit de la légitimité populaire ».

Une source proche du wali avance que d’autres élus poursuivis en justice seront suspendus dans les jours a venir  on évoque la situation des maires de Ouled Moussa et de  Khemis El Khechna qui sont toujours en activité.A noter enfin que les P/APC suspendus doivent être remplacés conformément aux articles 65 et 71 du code communal dans un délai de 10 jours par le 2e de la liste ayant obtenu la majorité des voix lors des dernières communales.