Béjaia: journées techniques sur la figue sèche

Les experts, encadrant la 3e édition des journées  techniques sur la figue sèche, ouverte, mardi, à la maison de la culture de  Bejaia ont été unanimes à soutenir la nécessité d’accroitre les surfaces de production, dédiées au fruit, pour espérer l’amélioration de sa production à la fois qualitative et quantitative.

La production reste relativement faible. Elle arrive à peine à satisfaire la demande locale, relève Laib Makhlouf, cadre à la Direction des services agricoles (D.S.A), qui propose de doubler au moins la superficie actuelle du verger, estimée à 10.000 hectares, pour être en capacité de produire un surplus, orientable vers l’exportation. » Nous sommes sur la voie, mais il faut faire plus » , a-t-il ajouté, relevant d’ autres actions à entreprendre dans cette perspective, notamment, l’entretien des vergers existants, la densification des plantations, et le renforcement dans le sens de la performance de la coopérative figuicole existante.

C’est une filière qui mérite qu’on s’y investisse plus amplement , a soutenu pour sa part, le professeur Khodir Madani, chercheur à l’université de Bejaia, qui estime, que l’enjeu doit être au moins d’égaler la production durant la période coloniale, notamment des années 1930, ou le bassin de la Soummam à produit plus de 600 tonnes de figues sèches dont plus de 20.000 quintaux, destinés à l’exportation, contre à peine 300 tonnes en 2016.

Le déclin à l’évidence est dû à la mise en friche de beaucoup de terres, le manque d’eau et les problèmes d’irrigation des exploitations ainsi que les incendies d’été fréquents qui ont compromis la production, a-t-il relativisé, restant optimiste cependant pour inverser la tendance, en soutenant l’idée d’augmenter les superficies, de la densification des plantations et du passage d’un système de production quasi-artisanal à un système semi-industriel ou industriel.

La labellisation récente de la figue de Beni-Mouche qui reste une reconnaissance de la qualité  voire de l’excellence du produit, tout autant du reste que l’engagement des producteurs à demeurer dans cette démarche, a visiblement généré une foule d’idées, pour le relèvement de la filière, non seulement dans ses capacités de production de la figue, mais aussi dans ses aptitudes de transformation, notamment la confiture, la fabrication de vinaigre, ou l’huile à base de grains de figue, très recherchée ou encore l’aliment de bétail , autant de valeur ajouté, dont la génération est de nature à insuffler à tour le secteur agricole, une dynamisme nouveau et prometteur.