Atmani: le printemps Berbère est un symbole de la revendication identitaire

Atmani

 Entretient réalisé par Méhana. B

Atmani, de son vrai  nom AIT ATEMANE M’HAMED , mais aussi Dda Hamiche pour les intimes est né un certain 11 décembre 1945 au village Zaknoun relevant de la tribu des Ait Bouakache , une des 3 tribus composant l’actuelle commune des Ouacifs, situés à prés d’une quarantaine de Km au sud du chef lieu de wilaya Tizi-Ouzou .

Avec ses amis de l’époque, Dalil Omar, Mouloud Habib et Slimani ; il passe à la radio chaine II dans l’émission « les chanteurs de demain » en 1968 ; ou il interprétant la chanson «  Trebba-iyi-d Lmehna » une chanson qui très vite conquiert un très large public, une chanson qui l’a propulsé au devant de la scène artistique. D’ailleurs les années qui  ont suivit, il écume les grandes salles de spectacles d’Alger

Riche d’une discographie de plus de 15 albums, Atmani vit actuellement entre  Ouacif et Paris, en suivant avec attention les palpitations de son pays.

Il intégra, dans la foulée du printemps berbère, deux de ces enfants Lakhdar  et Nouredine  à la chanson, à l âge respectivement de 14 et 13 en 1985 lors de l’enregistrement de l’album «  Ay Arraw n Yimazighen » (oh les enfants des amazighs). Dans le combat identitaire et c’est à l’occasion du 40eme anniversaire du printemps berbère que nous l’avons appelé et sans hésitation il a répondu à nos questions.

1).Comment vivez-vous le confinement en France?

Atmani : C’est une crise sanitaire sans précédent, c’est ce qu’on appelle Lguira nebla Akartouch (une guerre sans cartouche) . C’est très dur de ne pas voir mes enfants et mes amis, mais c’est plus prudent de rester confiné chez soi. Je m’adapte à cette situation au fil des jours, et pour rester en forme je sors marcher de temps en temps en prenant des précautions bien entendu.

 2) Et si c’était aux Ouacifs , quels seront vos impressions?

J’aurais fait la même chose qu’ici en France, je reste chez moi c’est la meilleure chose à faire. Je suis content de voir qu’en Kabylie des villages s’organisent au mieux pour faire face à cette épidémie. Des restrictions ont été mises en place par les citoyens eux même afin d’éviter toute contamination. Des mesures d’hygiènes et sanitaires ont été instaurées. Je rends hommage à tous ceux qui oeuvrent pour le bien de la communauté. Toute la Kabylie doit continuer à se protéger en respectant les recommandations sanitaires.

 3). Quels souvenirs vous rappelle le 20 avril ?

Une date qui me rappelle la répression qui s’est abattue sur la communauté universitaire à Tizi Ouzou. Une atteinte à notre liberté et notre attachement à la culture et langue berbère. Le lendemain je suis allé à Tizi Ouzou et je suis passé devant la cité universitaire Mdouha, où je m’étais entretenu avec des étudiants. J’ai été bouleversé par cette injustice, donc j’ai écrit une chanson qui s’intitule A y arraw  n yimazighen a wid-n ghlayen, a tarwa n udrar n nnif   sortie en 1981.

 4) Parlez-nous du printemps berbère ?

Le Printemps Berbère est un symbole de la contestation et de la revendication identitaire, même si cette question identitaire remonte à plusieurs années auparavant. Je tiens à rendre hommage à tous ceux et celles qui se sont battus pour notre identité. N’oublions pas les victimes du printemps noir et leurs familles. Il y’a encore aujourd’hui ceux qui continuent à lutter et à travailler pour faire valoir notre patrimoine ancestral

5) Cette année le printemps berbère ne pourra pas être commémoré à cause du corona virus. Vos impressions.

C’est une période difficile je le conçois, mais les médias berbères (tout canal confondu) doivent rediffuser des émissions et des reportages sur cet évènement historique, c’est très important de rappeler à notre jeunesse combien d’hommes et de femmes ont sacrifié leur vie pour que notre identité ne disparaisse pas.

6) Quel est l’apport de l’artiste à la culture et langue amazigh ?

L’artiste c’est l’écrivain, le peintre, l’enseignant, l’étudiant, le chanteur et toute personne qui œuvre au développement et à l’épanouissement de la langue et de la culture berbère. L’artiste c’est celui qui réveille les consciences, la chanson en particulier est une arme efficace pour véhiculer le message.

7) Que pensez-vous de l’avenir d’abord de l’Algérie ?  Et de Tamazight?

Nous avons besoin d’hommes et de femmes issus de la société civile et intellectuelle. Des personnes honnêtes pour changer le pays en profondeur.

Pour Tamaziɣt il y a eu des progrès mais il reste beaucoup à faire. Elle doit être obligatoire et non facultative. Le devoir d’enseigner notre vraie histoire, l’histoire de la Numidie sur le plan politique, social et économique de l’époque de Gaïa, Syphax et Massinissa. Tout simplement l’histoire de nos ancêtres «Imazighen».

 8) Votre impression et avis sur la situation politique Algérienne depuis 2018   ?

Pour cette question je me permets de citer l’écrivain Français Chateaubriand:

«Il y a une loi morale qui règle la société, une légitimité générale qui domine la légitimité particulière. Cette grande loi et cette grande légitimité sont la jouissance des droits naturels de l’homme, réglés par les devoirs ; car c’est le devoir qui crée le droit, et non le droit qui crée le devoir »

Pour ma part je suis toujours du côté du Peuple.

9) Avez-vous arrêté la chanson ou préparez-vous quelque chose pour l’avenir ?

J’ai arrêté la chanson en 1999. Au fil du temps j’ai travaillé sur un sujet qui me tenait beaucoup à cœur « l’identité Kabyle » Donc j’ai composé 2 chansons sous le titre  A Yaqvayli nebla Nekwa sorties le 20 Avril 2017. L’avenir appartient à la jeune génération à qui je souhaite de réussir et de faire honneur à la chanson Kabyle.

10)Pour conclure je vous laisse le soin de le faire.

Je remercie toute l’équipe de votre  journal . Une pensée à toutes les personnes emportées par le virus Covid-19

Un rétablissement à tous les malades  Soyez prudent  .

 

 

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