ANEP: un groupe décousu

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Larbi Ounoughi, actuel P-dg de l’ANEP s’est livré à un déballage insensé sur sa propre entreprise dans un article paru sur El Watan sous le titre : « Scandaleuse gestion de l’Agence nationale de publicité : Les révélations du P-dg de l’ANEP ». Au-delà de ces épanchements, qui se veulent un exercice de transparence, et qui valent pour son auteur le costume d’un fonctionnaire, qui soi-disant lutte contre la corruption et au-dessus de tout soupçons, le P-dg de l’agence nationale de publicité a dit trop ou pas assez. Car à examiner de plus près ses déclarations, on ne peut que constater les omissions, les fausses vérités et les dissimulations.

D’abord, il faut s’interroger sur les motivations et le timing de ces entretiens. Larbi Ounoughi a déjà fait « sensation », dès son arrivée à l’ANEP, en déballant, sur la chaine Al Hayat TV, des chiffres à la pelle sur les malversations au sein de l’agence .

Nommé pour « nettoyer les écuries », il avait déjà mis les pieds dans le plat, sans connaissance des dossiers. En somme, agir au lieu de parler, en tentant d’apporter, au minimum, de la sérénité, du calme, de la réflexion au sein d’une entreprise qui a servi durant des décennies d’instrument du pouvoir politique. En déballant médiatiquement les « secrets » de l’entreprise, Ounoughi porte un coup qui se veut fatal à une entreprise publique qui, malgré tous ses défauts, recèle des cadres valables qui ont subi toute leur vie les injonctions du pouvoir politique.

Gaid Salah a initié les enquêtes

Avant d’aborder le pourquoi, on va s’attarder un peu sur ce déballage médiatique qui dessert la lutte anti-corruption plus qu’il ne la sert. L’enquête sur l’ANEP a démarré en avril 2019, d’abord, par les services de sécurité de l’Armée (DCSA), puis par la Gendarmerie Nationale. Des mois d’enquêtes, d’investigations dans le secret, de vérifications, de complications de données, des équipes entières mobilisées, des convocations, des auditions qui sont, d’ailleurs, toujours en cours, ont été nécessaires.

Les convocations se déroulent même actuellement, alors pourquoi cet empressement à divulguer les tenants et aboutissants d’une enquête officielle. Pourquoi livrer des noms en pâture alors que le processus judiciaire n’est qu’à ses débuts ? Pourquoi citer certains journaux et pas d’autres ? Monsieur Ounoughi est-il un gendarme ? un magistrat ? De quel droit s’est-il autorisé à exposer des faits qui sont soumis à investigations ? où sont l’obligation de réserve et la confidentialité accordée aux clients qui sont les Journaux ? En balançant quelques noms à la presse, même sur ses propres cadres, Monsieur Onoughi ne leur donne-t-il pas l’alerte ? celui qui est soumis à une enquête poussées est théoriquement dans l’ignorance de cette enquête. Grace à ces déclarations, chacun des concernés par les investigations sait, dorénavant, qu’il est sous la loupe.

Dans cet étrange déballage, Mr.Ounoughi s’en prend au journal des Fils de feu Ahmed Gaid Salah. Et pourquoi seulement que Gaid Salah. Au-delà de l’indélicatesse de mettre en accusation un homme décédé, et de tenter de salir ses enfants, il faut s’interroger pourquoi eux précisément. L’enquête sur l’ANEP n’aurait jamais démarré sans les instructions de l’ancien chef d’état-major qui l’avait personnellement enclenchée, sachant que ses propres enfants possédaient une entreprise de presse.

Les citer spécifiquement et non pas les « usurpateurs » de la presse (députés, sénateurs, hommes d’affaires, trabendistes), nous donne une indication sur les opinions politiques. La fameuse lutte anticorruption, qui est menée actuellement, déclenché par Gaid Salah, est-elle biaisée ? C’est le message en creux qu’on doit comprendre. Le même que diffuse la Issaba. Beaucoup de personnes le font actuellement, après avoir été protégé durant des années par le Colonel Faouzi. D’ailleurs, le choix de ne rapporter que l’argent distribué depuis 2013 coïncide avec le départ de Faouzi du DRS, occultant les chiffres de la décennie précédente.

Faouzi est le plus corrompu de tous ceux qui ont géré la rente et pourtant son nom n’apparaît nulle part.

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