Analyse: Les 7 piliers du discours de Bensalah

bensalah

Discours très attendu depuis quarante-huit heures, et qui a constitué une feuille de route politique à l’adresse de tous les acteurs de la scène algérienne, le discours du chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, peut se résumer en six axes, qui se déclinent comme autant de mots de passe et de codes d’accès à la démarche que préconise l’Etat.

1-L’Etat prend acte de la principale revendication du peuple, à savoir revendiquer haut et fort, mais de façon pacifique, un changement du mode de gouvernance et l’avènement d’une nouvelle ère fondée sur le respect des principes démocratiques, de l’État de Droit et de la Justice sociale.

2-L’Etat opère son œuvre d’assainissement, action accompagnée d’une vigoureuse lutte contre le fléau de la corruption et de la dilapidation des deniers publics, menée par une Justice qui exerce désormais et avec rigueur la plénitude de ses missions et de ses attributions.

LIRE AUSSI Explosion d’Arzew: la responsabilité directe de Ould Kaddour et Hachichi

3-Toutefois, cette guerre totale contre la corruption tien en ligne de compte deux points essentiels : respect du principe de présomption d’innocence et préserver l’intérêt de l’économie nationale et celui des travailleurs, lesquels « ne doivent pas être pénalisés par les décisions concernant les patrons des entreprises concernées ».

4-Le caractère pacifique des manifestations est applaudi, tout comme est assuré le caractère pacifique des manifestations, « un acquis civilisationnel dont notre pays ne peut que s’enorgueillir ».

Pour éviter les glissements dangereux, Bensalah souligne que si tout doit être fait pour que les droits fondamentaux et les libertés consacrés dans notre Constitution, notamment le droit de s’exprimer et le droit de manifester, soient pleinement respectés et protégés, il y a lieu de veiller, dans le même temps, à ce que « l’exercice de ces droits puisse se faire dans le respect d’autrui et surtout dans le plein respect des lois de la République ».

5-Tous les efforts des acteurs politiques et sociaux doivent converger vers la construction d’un « consensus nécessaire à la tenue d’une élection présidentielle répondant aux conditions d’objectivité, d’impartialité et de transparence ».

Cette élection, sera entourée des garanties requises, et « reste la seule solution démocratique viable et raisonnable et ma conviction profonde est que seul un président de la République, issu d’une élection incontestable, aura, en effet, toute la confiance et la légitimité nécessaires et toutes les prérogatives requises pour concrétiser l’aspiration profonde au changement ».

6-Le dialogue sera mené par « des Personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale. Des personnalités qui émergent du fait de leur autorité morale ou de leur légitimité historique, politique ou socioprofessionnelle, les rendant éligibles à l’accomplissement de cette noble mission et qui seraient de nature à les aider à conduire et à faciliter ce dialogue ».

7-L’institution militaire sera neutre. Annonçant une nouvelle approche pour un dialogue inclusif, le Chef de l’Etat assure que l’institution militaire «observera la plus stricte neutralité ». « A cet égard et afin d’éviter toute interprétation et de dissiper tout malentendu, l’État dans toute ses composantes, y compris l’Institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus. Il se contentera de mettre tous les moyens matériels et logistiques à la disposition du Panel de personnalités, qui décidera lui-même des modalités de son fonctionnement ».

LIRE AUSSI Bensalah: l’élection présidentielle est la seule voie de sortie de crise

1 Rétrolien / Ping

  1. Kouninef: un beau frère au dessus des lois - e-Bourse d'Algérie

Les commentaires sont fermés.