Ammar Belhimer : l’atout majeur du Panel

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La nouvelle génération du hirak le découvre à peine. Son hirak à lui, il l’a fait en octobre 1988, lorsque beaucoup de jeunes   du hirak, qui ont aujourd’hui 20, 25 ou 30 ans, n’étaient pas encore nés. Son nom, Ammar Belhimer. Il a été intégré récemment au Panel de l’Instance nationale de dialogue et de médiation et placé à la tête de la Présidence de la commission politique.

Professeur, docteur en droit public, journaliste, chroniqueur, auteur des livres «la Dette extérieure de l’Algérie» (éditions Casbah), «les Printemps du désert», «les Dix Commandements de Wall Street» et «les Voies de la paix» (éditions ANEP), il sait mettre sous la loupe un problème et le décortiquer sans concessions.

En 1988, son hirak il l’avait vécu comme journaliste, et demandait alors plus de libertés au profit de la presse, en contribuant à la naissance du Mouvement des Journalistes algériens. Il a été par la suite un de ceux qui ont tracé une feuille de route pour beaucoup de titres de la presse indépendante naissante. Intellectuel de fond, il produisait beaucoup, sous forme de livres, articles de presse, conférences, chroniques ; et lorsque les réformes Hamrouche seront mises sous le boisseau, il rentre chez lui les mains sur la tête, sans avoir jamais rien pris, ni avantagé sa propre carrière et ses intérêts. Intègre autant que ce mot peut lui rendre justice.

Intégré dans le Panel de l’Instance nationale de dialogue et de médiation, il ne ménage personne pour dire ce qui doit être dit, qualifiant dernièrement les appels au départ du chef de l’Etat d’ « illogiques et d’anticonstitutionnels », parce qu’ils préfigurent « un vide institutionnel dangereux », et que « la nomination d’Abdelkader Bensalah était constitutionnelle, conformément à l’article 102 de la Constitution ». De ce fait, il est de l’ordre de l’invraisemblable de corriger un fait constitutionnel par un autre anticonstitutionnel.

S’il sait être intransigeant dans l’action, il connait bien les limites de son celle-ci. Pour lui, l’Instance nationale de dialogue et de médiation a pour objectif principal de réunir le consensus requis pour la tenue d’une élection présidentielle jouissant de «toutes les garanties de transparence et d’intégrité, et qu’elle demeure «une structure ad hoc, donc provisoire, qui active le temps d’une mission, elle est indépendante et plurielle». Plus précis, il dit que le Panel «n’a pas vocation à être le porte-parole d’une institution civile ou militaire, de partis ou d’associations, de même qu’elle ne prétend ni représenter le mouvement populaire né de l’opposition résolue au 5e mandat du président déchu ni parler en son nom, avec le Hirak, elle partage les revendications fondamentales de protection des droits et des libertés individuelles et collectives et des garanties requises pour un scrutin crédible».

Voilà le profil de l’homme : travailler sans exiger, avancer dans les voies de la légalité, de l’équité et de la justice, sans rien céder des espaces légitimes, mais sans jamais se fourvoyer dans les sentiers qui ne présentent pas cette légitimité…

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