Alviar: preuve de l’échec de la politique Ouyahia

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Lors de sa dernière conférence de presse, tenue au siège du RND, Ahmed Ouyahia a évoqué le cas de l’abattoir industriel de Hassi Bahbah, que le gouvernement compte privatiser.

Cet investissement renseigne parfaitement sur l’incapacité du gouvernement à gérer une industrie qu’il a lui-même conçue et lancé lors de ses précédents passages à la tête de l’exécutif.

Cet investissement de Hassi Bahbah a été consenti par le gouvernement dans le cadre d’un grand groupe industriel, l’Algérienne des viandes rouges (Alviar Spa), née en 2008, mais opérationnelle réellement en 2010.

Elle-même issu de la restructuration de la SGP-Proda, Alviar devait permettre à l’Algérie de se libérer totalement de l’importation des viandes rouges à partir de 2019.

Le groupe est composé de 10 fermes d’élevage, réparties sur tout le territoire national: Souk Etnine (Bejaia), Birtouta (Alger), Ain Ouessera (Djelfa), Tadjmount (Laghouat), Sidi Nadji-Berroughia (Médéa), Driss Amor (Biskra), Taâdmit (Djelfa), Bougtob (El Bayadh), Si N’aili (Tiaret), Laatar Khemissi (Khenchela).

La production de ces fermes d’élevage devait atterrir dans trois grands abattoirs industriels implantés à Ain M’lila (Oum Bouaghi),  Bougtob (El Bayadh) et Hassi Bahbah (Djelfa). Le coût d’investissement de ces trois projets est estimé à 7,5 milliards de dinars.

Pour la circonstance, le groupe a conçu la Société de Conditionnement des Viandes (Socov) pour la transformation des viandes en conserves, cornet-de-beef, bœuf en sauces, plats cuisinés, casher, pâtés de viandes, merguez, etc.

Deux abattoirs -ceux de Hassi Bahabah et Ain M’lila- ont été achevés, alors qu’en décembre dernier, Alviar a adressé une énième mise en demeure au groupement TAGAC (Gartech-Constel) qui avait la charge de la réalisation du projet.


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Un gouvernement sourd

Ouyahia, qui tente de jeter le discrédit sur ses prédécesseurs Sellal et Tebboune, ne veut pas reconnaitre son incapacité à protéger les investissements de l’Etat. Non. Il préfère les brader aux prédateurs.

L’exemple de l’abattoir de Ain M’lila aura été un symbole de l’échec du Gouverment. Cette usine, d’une capacité de 36 000 têtes ovines et 24 000 bovines, employant plus d’une centaine de travailleurs, a coûté au trésor public une enveloppe de 150 milliards de centimes. Mais en terme de gestion, les prix proposés par l’abattoir de Ain M’lila n’intéressaient pas les éleveurs et les fermes d’élevage de la région ne pouvaient garantir un plan de charge à cette infrastructure industrielle.

C’est dans ces cas de difficultés qu’on peut noter la capacité d’un gouvernement à trouver les solutions. Car, elles existent.

Même problème pour l’abattoir de Hassi Bahbah. D’ailleurs -on ne sait pas s’il s’agit d’une coïncidence-, le ministre de l’agriculture, Abdelkader Bouazghi l’a inspecté en août dernier, soit une semaine seulement avant le retour aux affaires de Ahmed Ouyahia.

Le ministre de l’agriculture est sensé  connaitre les problèmes auxquels sont confrontés les deux abattoirs publics.

Au lieu de les résoudre, le gouvernement a condamné les deux abattoirs au bradage. Celui de Ain M’lila est convoité par l’entreprise Inalca , au même titre que de la conserverie de viandes de Larbâa (Blida). Inalca est dominée par un groupe italien, qui a déjà mis la main en 2002 sur l’Entrepôt Frigorifique de Corso (ex-Enafroid). L’abattoir de Hassi Bahbah, quant à lui, allait être bradé dans le cadre  d’un partenariat 40/60.

Si ce n’est le rappel à l’ordre du président Bouteflika, les deux installations allaient être bradées par le Gouvernement Ouyahia.


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Une mort programmée

Ce qui se passe au niveau des abattoirs n’est pas étranger aux reste des unités d’Alviar. On fait tout pour casser cet outil stratégique de l’Etat, pour  remettre le marché des viandes rouges à la mafia du secteur.

Alviar a obtenu son registre de commerce en date du 10/02/2011. Dotée d’un capital social de 100 millions de dinars, son siège se trouve à Kouba.

En 2016, les actifs de l’entreprise s’élevaient à 6.02 milliards de dinars, mais ces dettes financières se situaient autour de 5.48 milliards de dinars.

Pour un chiffre d’affaires relativement faible, le résultat net de l’exercice s’avère alarmant (-176.958.864 dinars). Il confirme la tendance baissière de la rentabilité (54.618.646,48 dinars en 2015 et -97.968.749,02 dinars en 2014).

Autrement dit, la mort en silence de cette entreprise publique est programmée depuis longtemps.

Et quand on veut l’achever pour la livrer aux prédateurs, on dira que c’est le programme du Président.


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