Algérie-Turquie: un nouvel essor économique

 Les relations économiques entre l’Algérie et la Turquie enregistrent, depuis ces dernières années, une dynamique particulière à travers des partenariats industriels multisectoriels et un renforcement des échanges commerciaux.

Les deux pays auront l’occasion, à la faveur de la visite officielle qu’effectuera le président turc, Recep Tayyip Erdogan, en Algérie du 26 au 28 février en cours, d’identifier les voies et moyens permettant de développer davantage leur coopération économique en vue de la hisser au niveau de l’excellence de leurs relations politiques et d’amitié.

Lors de l’audience qu’il avait accordée jeudi dernier à Ankara au ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, le président turc avait fait part de sa satisfaction quant à la qualité des relations qu’entretiennent l’Algérie et la Turquie, qui sont marquées par une « volonté commune, au plus haut niveau, de les renforcer davantage au bénéfice des deux pays ».


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A la faveur de cette visite, une réunion de la Commission mixte bilatérale va se tenir pour concrétiser des actions de partenariat et de coopération et donner une impulsion nouvelle aux relations bilatérales, notamment dans les domaines du tourisme, de l’agriculture et des énergies renouvelables.

Force est de constater que la coopération économique algéro-turque se diversifie de plus en plus en vertu d’accords de partenariat dans les secteurs industriel (textile, sidérurgie…), énergétique, de transport maritime et du bâtiment dont certains ont été réalisés.

Actuellement, 796 entreprises turques activent en Algérie et emploient plus de 28.000 personnes.

En matière d’investissements enregistrés en 2017 auprès de l’Agence nationale du développement de l’investissement (ANDI), la Turquie a occupé la première place des investissements mixtes en terme de nombre et de montant de projets avec plus de 20 projets d’investissements d’un montant global de plus de 200 milliards de DA devant générer près de 6.000 emplois.

 

Le textile et la sidérurgie, principaux investissements en partenariat

 

Dans le domaine du textile, une usine de filature de coton devra entrer en production dans les prochains mois à Relizane dans le cadre d’un partenariat algéro-turc.

D’une capacité de production de 9.000 tonnes/an, cette usine fait partie d’un projet de complexe composé de 8 usines de production intégrée appartenant à la joint-venture Tayal formée de deux filiales du Groupe public national de textile Getex, du holding Madar (ex. Snta) et de l’entreprise turque Intertay.


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Outre cette usine de filature, ce complexe sera composé d’usines de tissage, de traitement, de confection, de bonneterie, et d’ennoblissement de tissus, soit le finissage, le blanchiment et la teinture.

Le projet comporte deux étapes: la première, qui se terminera d’ici à fin 2018, porte sur la réalisation de huit (8) usines totalement intégrées, d’un centre d’affaires et d’une d’école de formation en métiers de tissage et de confection avec une capacité d’accueil de 500 stagiaires par session.

Toujours dans le secteur du textile, un protocole d’accord a été signé entre l’entreprise publique nationale Texalg et le société turque Boyner Sanayi A.S, pour la création d’une joint-venture de production de filés de laine et d’autres produits textiles à Meskiana (Oum-El Bouaghi).

L’usine sera dotée d’une capacité de production de 1.000 tonnes/an de filés laine et mélanges (laine, polyester, acrylique) dans une première phase puis 2.000 T/an la deuxième année et 3.000 T/an l’année suivante.

Un autre partenariat d’envergure est l’extension du complexe sidérurgique d’aciérie et de laminoirs du groupe turc de droit algérien « Tosyali Iron and Steel Industry Algérie » sur une superficie de 100 hectares et dédiée à la production du rond à béton dans le pôle économique de Béthioua.


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Sa capacité de production est estimée à 2 millions de tonnes/an, devant permettre de réduire les importations de ce matériau de construction et répondre aux besoins des nombreux chantiers de construction.

Dans le secteur énergétique, la compagnie pétro-gazière Sonatrach a signé en 2017 un mémorandum d’entente avec Ronesans Endestri Tesisleri lnsaat Sanayi ve Ticaret et Bayegan pour la réalisation d’une étude de faisabilité sur un projet d’installation de déshydrogénation du propane en Turquie.

L’étude de faisabilité porte notamment sur la conception, l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction et l’exploitation de cette installation et la production de 500.000 à 750.000 tonnes/an de polypropylène en Turquie.

Le compagnie nationale et ses partenaires turcs veulent ainsi mener conjointement l’étude de faisabilité détaillée relative au projet et évaluer ensemble la possibilité de créer une société conjointe aux fins de son développement.

Le développement en partenariat de ce projet en Turquie permettra d’assurer un débouché à long terme au propane algérien.

En parallèle, les échanges commerciaux algéro-turcs ont également connu un certain essor pour s’établir à près de 4 milliards de dollars en 2017 mais avec une balance commerciale en défaveur de l’Algérie.

L’année dernière, la Turquie a ainsi été classée 6ème client de l’Algérie avec des exportations algériennes de 1,96 milliard de dollars, en hausse de plus de 45% par rapport à 2016.

Ce pays a aussi occupé le 6ème rang de la liste des pays fournisseurs de l’Algérie qui a importé auprès de la Turquie pour près de 2 milliards de dollars (+3,2%).

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