Agriculture et pêche: pour une meilleure sécurité alimentaire

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Par Rabah Kahouadji

Le plan d’action du gouvernement, visant la mise en œuvre du programme du président de la République, a été présenté, à l’Assemblée populaire nationale, lors d’une séance plénière, présidée par M. Slimane Chenine, président de cette institution, en présence des membres du gouvernement. Nous avons sélectionné pour nos lecteurs, la partie relative aux secteurs de l’agriculture et de la pêche.
1/Au titre de l’agriculture: le gouvernement ambitionne de mettre en œuvre une politique agricole durable permettant de renforcer la sécurité alimentaire du pays, de réduire le déséquilibre de la balance commerciale des produits agroalimentaires de base et de contribuer efficacement à la diversification de l’économie nationale. Les efforts de développement de l’agriculture et des territoires ruraux et de l’agriculture saharienne et des montagnes, seront orientés vers la mise en œuvre d’actions structurées, visant une occupation harmonieuse des territoires ruraux, conjuguée à une exploitation durable des ressources naturelles en favorisant l’initiative privée créatrice de la richesse et de l’emploi. La protection et la valorisation des espaces naturels en général et le patrimoine forestier et alfatier en particulier, permettront d’assurer une production accrue de biens et services au profit des populations locales et de l’économie nationale.
Aussi, à l’horizon 2024, le gouvernement ambitionne d’atteindre les objectifs suivants :

– la couverture des besoins alimentaires de base par l’accroissement de la production et de la productivité agricoles ;

– le développement d’un nouveau modèle agricole et rural, porté par l’investissement privé et l’émergence d’une nouvelle génération de producteurs ;

– l’amélioration de la compétitivité des produits agroalimentaires et forestiers et l’intégration des chaines de valeur à l’international ;

– le développement durable et équilibré des territoires ruraux, notamment dans les espaces de montagnes et du Sahara ;

– la modernisation de l’agriculture par l’intégration des produits de la connaissance et de la numérisation.

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Pour atteindre ces objectifs, les actions suivantes seront initiées :

– le développement de la production agricole à travers l’extension de la superficie irriguée et généralisation de l’utilisation des systèmes économes en eau et des énergies renouvelables dans l’agriculture ;

– l’accroissement de la production et de la productivité agricoles à travers  l’utilisation des techniques modernes dans le monde agricole,  la modernisation des programmes de production de semences, plants et géniteurs et le renforcement des systèmes de veille sanitaire et phytosanitaire, la promotion des produits agricoles et forestiers pour lesquelles l’Algérie dispose d’avantages comparatifs, pouvant permettre l’accroissement des exportations et le renforcement du système de certification et de labellisation des produits et la rationalisation de l’importation des produits alimentaires subventionnés ;

– l’exploitation rationnelle du foncier agricole à travers le renforcement du dispositif juridique permettant la préservation et la protection des terres agricoles, à travers  l’assainissement et la récupération des terres non exploitées et leur réaffectation au profit des investissements agro-industriels et des jeunes porteurs de projets et  la facilitation du lancement effectif des projets d’investissements pour la mise en valeur des terres dans le Sahara et les Hauts Plateaux ;

– la mise en place d’un nouveau système de financement agricole au bénéfice des petites et moyennes exploitations agricoles et le renforcement du dispositif d’assurance aux risques et calamités agricoles ;

– l’incitation à l’investissement dans les grands projets agricoles dans le sud et les hauts plateaux et promotion du partenariat et des Investissements Directs Etrangers, notamment dans les cultures stratégiques (céréales oléagineuses, sucre) et dans le développement des capacités de trituration et de raffinage ;

– le soutien au développement des capacités de stockage sous froid et les centres de conditionnement, notamment dans le sud ; – le renforcement de l’encadrement professionnel et interprofessionnel des filières agricoles et agroalimentaires ;

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– le soutien à la professionnalisation des entreprises exportatrices par une mise à niveau et un accompagnement rapproché pour développer un marketing soutenu en direction des marchés extérieurs.
Au titre de l’agriculture de montagne
Un dispositif spécifique pour le développement agricole et rural des zones de montagne sera développé autour de différentes activités. Il s’agit de :  l’intensification des cultures existantes et d’extension de l’arboriculture fruitière,  la création de petites unités d’élevage  la valorisation des produits de terroir et des métiers ruraux  et l’encouragement des petites entreprises et des jeunes porteurs de projets pour les travaux de réalisation des infrastructures de base et d’aménagement dans les zones de montagnes. Aussi, des actions seront prises pour la réhabilitation des forêts, de la nappe alfatière et lutte contre la désertification par la réhabilitation du barrage vert et l’intensification des actions de reboisement utile, notamment familial, dans le cadre du programme national de reboisement, au niveau des zones de montagnes et du barrage vert ainsi que la valorisation durable des ressources naturelles au profit des populations des zones de montagne et de la steppe.
Au titre de l’agriculture saharienne L’option pour la valorisation des territoires sahariens est fortement affirmée dans l’approche du gouvernement, qui accorde une attention particulière au développement de ces espaces, à travers la mise en œuvre d’un ambitieux programme de développement qui s’articule sur : – l’aménagement des parcours sahariens pour le développement des élevages camelins et caprins à travers des actions de réalisation et/ou de réhabilitation des points d’eau et la couverture sanitaire des cheptels ; – la valorisation des produits camelins par la création de petites unités de services, d’abattage, de mini-laiteries et d’artisanat ; – la réhabilitation des systèmes oasiens traditionnels et le développement des actions structurantes ; – la protection et le rajeunissement des palmeraies, la réhabilitation des foggaras, l’acquisition de systèmes d’irrigation économes en eau et la rénovation des systèmes de drainage ; – la réhabilitation des périmètres agricoles et du système oasien moderne en renforçant les mécanismes de soutien à l’utilisation des énergies renouvelables.
Au titre de la pêche et des ressources halieutiques Les activités de la pêche et de l’aquaculture revêtent un caractère stratégique de par leurs capacités à participer à l’amélioration de la sécurité alimentaire du pays, à travers l’accroissement et la diversification de l’offre en produits halieutiques de qualité, mais également de par leur contribution à l’émergence d’une économie nationale productive et diversifiée et à la valorisation économique intégrée de l’espace maritime et du littoral. Les principaux objectifs ciblés en matière de développement durable des activités de la pêche et de l’aquaculture concernent l’augmentation de l’offre nationale en produits halieutiques, à travers, la promotion et le développement de l’aquaculture à grande échelle et le développement de la pêche de grand large. En parallèle, une attention particulière continuera d’être portée à la gestion durable et responsable des activités de pêche maritime jusqu’ici développées et l’amélioration des conditions socio-économiques des professionnels de la pêche et de l’aquaculture.

Un effort sera également consenti à l’accompagnement de l’investissement productif dans les filières de la pêche et de l’aquaculture à travers :

– la relance du développement des industries nationales dans ces filières,

– l’encouragement à la création de Petites et Moyennes Entreprises (PME-PMI) dans le domaine de la transformation et de la valorisation des produits halieutiques,

– la promotion d’une industrie nationale de construction de chantiers navals et d’entretien de la flotte.

Aussi, les actions suivantes seront menées pour la redynamisation du secteur de la pêche et des productions halieutiques (2020-2024), à travers : La relance de l’élevage halieutique, où l’effort sera axé sur :

– l’accompagnement des projets d’investissement dans l’aquaculture marine à grande échelle et le lancement de l’aquaculture d’eau douce d’entreprise notamment dans les zones continentale et saharienne ;

– le renforcement de la valorisation de l’aquaculture dans les plans d’eau, notamment les barrages,

– la généralisation de l’intégration de la pisciculture à l’agriculture ;

– la promotion de zones d’activités intégrées d’aquaculture à ériger en pôles d’excellence ;

– la gestion et l’exploitation responsable de la pêche artisanale et côtière, par la mise en place effective des outils de gestion durable des productions halieutiques, la promotion et le développement de la pêche artisanale, et la relance de l’exploitation durable des pêcheries spécifiques (corail rouge, anguille …) ;

– renforcer le réseau national de collecte de l’information statistique spécifique au secteur.

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Par ailleurs, il sera procédé à la relance du développement de la production manufacturière locale, de manière à couvrir les besoins des professionnels de la pêche et de l’aquaculture et de réduire à terme la facture d’importation des intrants, équipements et matériels de pêche et d’aquaculture. Dans le cadre du développement de la pêche de grand large, l’effort sera axé sur l’accompagnement à la création et l’extension d’une flotte dédiée à l’exercice de cette activité, afin de permettra, l’exploitation de nouvelles zones de pêche et l’amélioration de l’approvisionnement du marché national.

Aussi, il sera procédé à l’adaptation et à la mise à niveau des infrastructures et des services portuaires dédiés pour recevoir la flotte exerçant la pêche au grand large, au moins pour les trois grandes régions de la façade maritime (Port de pêche de Sidna Ouchaa à l’Ouest, de Gouraya au Centre et Annaba à l’Est).

En matière de gestion et de fonctionnement des services publics dans les ports de pêche, il sera question de consolider les capacités existantes des entités de gestion de ces infrastructures ainsi que la mise en place d’un nouveau mode de gestion de ces entités qui permettra de pérenniser le développement du secteur de la Pêche et des Productions Halieutiques et du service public des ports de pêche.

Il sera procédé à la revitalisation de l’accompagnement des investisseurs pour la mise à niveau et la création d’unités de conditionnement, de valorisation et de transformation des produits de la pêche et de l’aquaculture (chaînes de valeur, labellisation des produits de la pêche artisanale…). Il s’agira aussi d’encourager et de faciliter l’exportation des produits transformés et les produits nobles à haute valeur marchande.

Pour ce faire, Il sera nécessaire d’impulser la modernisation du réseau de commercialisation et de distribution des produits de la pêche et de l’aquaculture et l’insertion progressive de ces activités dans la sphère commerciale formelle, à travers la réalisation des halles à marées au niveau des ports de pêche et l’intégration de ces productions dans les circuits commerciaux.

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