2e jour du procès corruption : les accusés indémontables

ouyahia

Au second jour du procès des deux anciens premiers ministres Abdelmalek Sellal, Ahmed Ouyahia ainsi que plusieurs membres des leurs gouvernement respectifs et des hommes d’affaires, les scandales s’entassent pêle-mêle et les révélations fracassantes succèdent aux révélations tonitruantes. Au sein de l’ex-nomenklatura, c’est la débandade, le sauve-qui-peut, c’est le « c’est pas moi, c’est lui », qui prime, c’est « sauvons les meubles !».

Le juge a auditionné les ministres ainsi que les hommes d’affaires sur les entourloupes liées à cette curieuse industrie automobile appelée « montage automobile ».

Accusé d’abus de fonction et d’octroi illicite d’avantages indus à plusieurs hommes d’affaires, dont Mazouz et Baïri, les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, mais aussi Youcef Yousfi et Mahdjoub Beda, en tant que ministres de l’Industrie au moment des faits, ont tous, sans exception, tenté d’échapper à l’accusation.

Ces hommes d’affaires qui ont bénéficié des vanatges illégaux ont reversé une partie des gains pour la campagne du 5e mandat. Ainsi, on a enfin le chiffre exact de l’argent versé par Mazouz au profit de la campagne ; mais le plus ahurissant c’est que les 39 milliards remis, ne l’ont pas été sur le compte de la campagne, mais dans les mains de Ali Haddad au siège du FCE.

L’ombre de Saïd Bouteflika planait dans la salle, car il donnait la nette image de l’homme-orchestre, qui manipulait, grâce à ses pions, tout le système Bouteflika, pendant ce temps que son frère, président élu, était mis « hors-jeu ».

Le juge indémontable après les auditions de Sellal, Ouyahia, Yousfi et Bedda, les avait confrontés, pour observer en face comment ils s’accuseraient alors mutuellement ; et comme s’ils s’étaient donné le mot, les accusés ont rejeté en bloc les charges retenues contre eux. Mais à force de trop se disculper, on est subitement mis dos face au mur. Ainsi, Yousfi, qui avait lui-même avalisé le dossier Mazouz, dira qu’il n’a jamais interféré dans le travail de la Commission technique ; il dira aussi qu’il avait émis « des réserves à Ouyahia », parce qu’il était « contre le dossier Mazouz, lequel devait bénéficier de l’appui d’un partenaire étranger, vu que l’objectif de l’Algérie était d’exporter ». L’ex-ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi a indiqué ne pas avoir consulté le contenu des dossiers relatifs à l’octroi des licences de montage automobile, relevant que c’est la Commission ad-hoc qui prend en charge les détails de cette opération.

Jusqu’au début de l’après-midi, les deux anciens Premiers ministres, Sellal et Ouyahia, gardaient les tranchées qu’ils s’étaient creusés et refusaient de reconnaître quoi que ce fut, malgré les questions précises du juge qui démontrait à chaque fois qu’il y avait entourloupe, connivence, complaisance ou carrément illégalité dans l’octroi des avantages. Celui-ci prend alors son temps et continue à dérouler ses pièces à conviction les unes après les autres…

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