2 millions de femmes actives dont 62 % sont célibataires ou divorcées: travailler ou se marier ?

La majorité des femmes actives en Algérie se compose de célibataires ou de divorcées. Le constat est impressionnant. Sur 2 millions de femmes actives que compte l’Algérie, 62% d’entre elles sont célibataires ou divorcées, selon les données fournies récemment par le Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (CIDDEF), alors que seulement 30% des 8.777.000 hommes en activité dans le pays sont en situation de célibat ou de divorce. La statistique date de 2017, mais les choses se sont empirées encore plus pour les femmes.

La récession économique que traverse l’Algérie depuis quelques années, et due au recul drastique des recettes pétrolières, à l’absence d’une économie diversifiée et sérieuse, ainsi qu’à la mauvaise gouvernance, a poussé la femme a aller travailler pour subvenir aux besoins de sa famille et à ses besoins propres. Toutefois, la société algérienne, avec ses valeurs morales et ses balises traditionnelles, permet une marge de manœuvre très mince, qui souvent contraint les jeunes filles à faire dans le dilemme cornélien, et choisir entre vie familiale et vie professionnelle.

En 2018-2019, l’Algérie n’offre plus de travail, ou alors très peu, aux femmes,   après le tarissement des sources de revenus, donc des caisses de l’Etat. En 2017-2018, le gouvernement sous Sella, puis sous Ouyahia, était prêt à se délester d’un millions de postes dans les administrations, la Fonction publique et autres effectifs pléthoriques pour soulager le budget de fonctionnement de l’administration.

Les femmes et les jeunes filles qui sont en poste entendent s’y accrocher et le garder, coute que coute, dussent-elles sacrifier leurs prétendants. La plupart des époux souhaitent garder leur femme à domicile. Sans enfant, le sujet est ouvert à la discussion, mais dès que la maison grossit ses rangs, la femme au travail est appelée alors à faire cette concession ultime pour sa famille et cesser la vie active.

Beaucoup de femmes ont dès les fiançailles cette franche discussion ( et souvent pas franche du tout) avec leurs époux : une femme mariée, c’est une femme au foyer, dit la société patriarcale. Mais de nos jours, les jeunes femmes, diplômés ou universitaires, entendent mettre à contribution leurs compétences pour s’imposer dans la société algérienne moderne. Mais c’est loin d’être gagné d’avance.

Alors : se marier ou garder son poste ?  Le choix est extrême, mais semble justifié par la trop large proportion des femmes célibataires ou divorcées qui occupent des postes dans les entreprises étatiques et privées, les administration, les fonctions publiques et les médias. Dans la presse écrite, les médias audiovisuels et l’Education, les femmes pullulent, pléthoriques, impériales, poussant du coude les hommes, presque hégémoniques.

La société admet encore difficilement que la femme, une semaine après son mariage prenne son sac et rejoigne son travail, bien que, en ces temps de crise, la société évolue vite vers une conception pécuniaire du ménage à deux et beaucoup d’hommes souhaitent recevoir une aide financière de la part de leurs épouses. Mais cela reste exceptionnel.

Mais pour les femmes ; le choix est cruel, et se fait souvent dans la douleur et la déchirure. Doit-on choisir entre le mariage et le boulot ? Dans le fond, lorsque l’opportunité se présente, la question ne se pose même pas, car la quasi-totalité des filles algériennes préfèrent de loin se marier à l’éventualité d’être étiquetée par l’horrible qualificatif de « bayra », synonyme de « vieille fille », indésirable, terre inculte et vouée à l’abondant et à l’aridité.

Ainsi, le mariage s’il ne représente pas une opportunité pour l’ascension professionnelle des femmes, et le rêve de toutes les filles pour accéder à un statut plus respectable au sein de la société. Vie professionnelle et vie privée semblent impossibles à concilier pour ces femmes chargées de préparer les générations à venir…

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